du Capitaine Byron. i i 3
grand mât, de manière que fur nos mâts de rechange,il ne reftoit que l’ïole. Ce léger changement produifitun effet furprenant dans la marche du vaiffeau ; carle poids de nos bâtimens à rames portés fur nos poten-ces , donnoit trop de bricole au vaiffeau , & nouscourions rifque de les perdre dans un gros tems.
Les difficultés & les dangers', que nous avonseffuyés dans le détroit de Magellan , pourroient fairecroire qu’il n’eft pas prudent de tenter ce paffage ; &que les vaiffeaux, qui partent d’Europe pour fe rendredans la mer du Sud, devroient tous doubler le CapHorn. Je ne fuis point du tout de cette opinion,quoique j’aie doublé deux fois le Cap Horn. Il eftune faifon de l’année , où non pas un feul vaiffeau ,fifais toute une flotte peut en trois fcmaines traverferle détroit ; & pour profiter de la faifon la plus favo-rable , il convient d’y entrer dans le mois de Décem-bre. Un avantage ineftimable qui doit toujours déciderles Navigateurs à prendre la route du détroit, eftqu’on y trouve en abondance du céleri, du cochléaria ,des fruits , & plufieurs autres végétaux anti-fcorbuti-ques. C’eft à l’ufage de ces plantes que j’attribue lafanté dont nos équipages ont joui durant cette navi-gation. Perfonne ne reffentit la plus légère atteinte defcorbut, & nous n’eumes perfonne fur les cadres pourquelqu’autre maladie , malgré la rigueur du froid, âcles travaux exceflifs auxquels nous fûmes expofés dansce paffage, où nous entrâmes le Dimanche 1 7 Février,pour n’en fortir que le 9 d’Avril. Dès qu’on a dépafféTome I . P
Ann. 176 j.Avril.