56 Voyage
Le jour fuivant, G , à une heure du matin , nous'
Ann- I 7 6f. levâmes l’ancre avec une légère brile de la partie duJanvier. „ „ . r A ‘
Nord j & en rrms heures nous paisames une fécondé
fois le premier goulet. Après avoir heureufement fran-chi les deux goulets , & me trouvant épuifé de fati-gues , n’ayant point quitté le pont de toute la nuit &le jour précédent,, je rentrai dans ma chambre poury prendre quelque repos , mais je n’en jouis pas long-tems. En moins d’une heure je fus éveillé par le talon-nement du vaifleau lur un banc. A l’inftant je fautaide mon lit , & courus fur le pont. Je fus bientôt con-vaincu que le vaifleau avoit donné fur un banc fortdur. Heureufement pour nous , dans ce moment letems étoit abfolument calme. Je fis mettre les canotsdehors pour porter une ancre en arrière, où il y avoitplus d’eau : l’ancre prit fond ; mais avant d’avoir letems de virer deffus , le vaifleau , porté par le flot,vint à l’appel de l’ancre. C’étoit encore une circons-tance avantageufe que nous eufîions touché à maréebaffe. Il n’y avoit pas quinze pieds d’eau où nous tou-chions , & à une très-petite diffance de barrière , ils’en trouvoit G bradés. Le Maître me dit que la der-nière fonde , avant de toucher , lui avoit rapporté 13braffes ; de forte que le fond s’étoit touc d’un coupélevé de près de foixante-trois pieds.
Ce banc , dont aucun des Navigateurs qui ont pafféle détroit n’a fait mention , eft d’autant plus dange-reux , qu'il fe trouve fur la route entre le Cap desVierges & le premier goulet, précifément à une égalediftance des côtes Septentrionale de méridionale. Il a
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