du Capitaine Byron. 9
Nous continuâmes de faire voile jufqu’au 29 , queles vents fraîchirent & foufflèrent par grains fubits &par violentes raffales , propres à défemparer nos ma-nœuvres. Je fis amener nos mâts de perroquet , &mettre nos bâtons d’hiver à pofte ; mais bientôt la merdevint affreufe , &c le vent en tourmente : le vaifieaufatiguoit fi prodigieufement , que craignant de fom-brer fous voiles , je fis jetter par-defiùs bord deuxcanons de l’avant & deux de l’arrière du vaifieau pourle foulager. Ce tems orageux dura le refte du jour,& toute la nuit, que nous pafsâmes à capeyer fous lagrande voile ,, deux ris dedans.
D ans la matinée du 30 , les vents devinrent plusmaniables, & varièrent du N. O. au S. \ S. O. : nous enprofitâmes pour faire de la voile , le Cap àl’Ouefi:. Nousétions alors par 35 d de latitude S., & nous trouvionsle tems tout aufiî froid qu’il l’eft en Angleterre danscette même faifon , quoique le mois de Novembrerépondît à notre mois de Mai , ôc que nous fufiîonsde 20 d plus près de la ligne. Il étoit difficile que nous11e refîentiflions pas vivement cette différence de tem-pérature , nous, qui huit jours avant, éprouvions d’ex-ceflives chaleurs ; & les Matelots , qui, dans la per-fuafion de n’avoir à voyager que dans des climatschauds, avoient non - feulement vendu leurs hardesd’hiver, mais encore leurs couvertures, dans les diffé-rens ports où nous avions relâché, furent contraints,pour fe garantir du froid qu’ils ne pouvoient fuppor-ter, d’acheter des vêtemens qu’011 avoit embarqués parprécaution.
Tome I-
Ann. 1764.Octobre.
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