Voyage
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fatisfaire tous fes goûts & toutes Tes paillons, & où
d’Europe , un homme qui n’a point d’argent voiequ’il pourroit, avec ce métal , fatisfaire tous fes defirs ;les Otahitiens n’ont ni monnoie , ni aucun ligne fiêlifqui lui reflemble : il n’y a , à ce qu’il paroît, dans l’ifleaucun bien permanent dont la fraude ou la violencepuiffent s’emparer ; & effeélivement. fi on retranchetous les crimes que la cupidité fait commettre auxpeuples civilifés, il n’en reliera pas beaucoup. Nousdevons ajouter que par-tout où les loix ne mettent pointde reflriélions au commerce des femmes, les hom-mes font rarement tentés de devenir adultères ;d’autant plus qu’une femme doit être rarementl’objet d’une préférence particulière fur les autres,dans un pays où elles font moins diflinguées par desornemens extérieurs & par les circonftances acciden-telles qui réfultent des rafinemens de l’art & du fenti-ment. Il eft vrai que ces Infulaires font voleurs ; com-me chez eux perfonne ne peut effuyer de grands dom-mages, ou tirer de grands profits par le vol, il n’a pasété néceffaire de réprimer ce délit par les châtimens,qui, dans d’autres Nations , font abfolument indifpen-fables pour maintenir Pexiftence de la fociété. Tupianous a dit pourtant que l’adultère & le vol fe punif-fent quelquefois : dans tous les cas d’injure ou de dé-lit, la punition du coupable dépend de l’offenfé. Lemari, dans un premier tranfport de refîènriment, pu-nit quelquefois l’adultère de mort , lorfqu’il fur prendles coupables en flagrant-délit ; mais s’il n’y a point
Juillet.
• par-conféquent les intérêts des hommes ne font pasfouvent oppofés les uns aux autres. Dans nos contrées