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45-6 Voyage
Ann, 1769.Juillet.
fur-tout dans un pays chaud , où elle confifce à met-tre une couverture fur une autre , les femmes d'uncertain rang fe découvrent toujours vers le loir jufqu’àla ceinture, & elles fe dépouillent de tout ce qu’ellesportent fur la partie fupérieure du corps , avec auffipeu de fcrupule que nos femmes quittent un doublafichu. Lorfque les chefs nous rendoient v i fi ce , quoi-qu’ils portaffent fur les hanches plus d’étoffe qu’iln’en falloit, pour habiller douze hommes , ils avoiencd’ordinaire le refte du corps entièrement nud.
Leurs jambes & leurs pieds ne font point cou-verts , mais ils garantiffent leur vifage du foleil aumoyen de petits bonnets de natte ou de feuilles de noixde cocos qu’ils font dans quelques minutes lorfqu’ilsen ont befoin ; ce n’eft pourtant pas-là toute leurcoëflure: les femmes, en outre, portent quelquefois depetits turbans ou bien une autre parure qu’ils appellentlomoUj & qui leur fîcd beaucoup mieux. Le 'Tornoueff compofé de cheveux , treffés en fils qui ne fontguères plus gros que de la foie à coudre. M. Banksen a des pelotons qui ont plus d’un mille de long fansun feul nœud. Ils entortillent en très-grande quantitéces cheveux autour de la tête , & d’une maniéré quiproduit un effet agréable. J’ai vu une femme qui enportoit cinq ou fix pelotons. Ils placent parmi ces che-veux des fleurs de différente efpèce , & en particulier dujafmin du Cap , dont ils ont toujours une grande quan-tité plantée près de leur maifon. Les hommes qui, com-me je l’ai obfervé , relèvent leurs cheveux fur le fom-met de la tète , y mettent quelquefois la plume de la
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