Ann. 1769,Mai.
378 Voyage
Lieutenant, afin de voir s’il ne feroit pas poiïible des’en procurer quelques - uns fans cela ; je lui ordon-nai en même-tems de faire à l’Indien toutes fortes depolitefles. M. Hicks le trouva éloigné d’Eparre, dansun endroit appellé Tottahah , fitué cinq milles plus àl’Oueft ; l’Otahitien le reçut avec beaucoup de cor-dialité ; il lui montra fur le champ un cochon, &lui dit que dans la matinée on ameneroit les trois au-tres qui étoient à quelque diftance. M. Hicks attenditvolontiers ; mais comme les trois cochons ne ve-noient point, & qu’il ne jugea pas à propos de refterplus long-tems , il s’en revint avec celui qu’on luiavoit donné.
Le 25 , Tubouraï Tamaïdé , accompagné de fafemme Tomio , parut k la tente, pour la première fois ;depuis qu’on l’avoit découvert volant les clous , ilparoifioit affligé & timide ; cependant il ne crut pasdevoir chercher à regagner nos bonnes grâces & notreamitié en rendant les quatre clous qu’il avoit emportés.La froideur & la réferve avec lefquelles M. Banks deles autres le traitèrent, n’étoient gueres capables delui infpirer du calme & de la gaité ; il ne demeurapas long-tems & il partit d’une maniéré brufque. M.Monkhoufe le Chirurgien alla le lendemain dans lamatinée pour opérer la réconciliation ; il tâcha de luiperfuader de rendre les clous , mais il ne put pas yréuffir.