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Ann. 1769.Mai.
360 Voyage
Le jour fuivant 1 <5 , dès le grand matin, il envoyaau fort pour me rappeller ma promeffe ; fes gensfembloient attendre avec beaucoup d’impatience notrearrivée à fa maifon. Sur les dix heures je fis mettreen mer la pinaffe & je m’y embarquai avec MM.33anks & Solander ; nous étions accompagnés d’un desenvoyés de Tootahah, & à une heure nous arrivâmesau lieu de fa réfidence qu’ils appeîloient Eparre , ôcqui étoit fitué à environ quatre milles à l’Oueft denos tentes.
Nous trouvâmes un grand nombre d’Otahitiensqui nous attendoient fur le rivage ; il nous auroit étéimpofiible d’aller plus avant , fi un homme grand &de bonne mine ne nous avoit pas ouvert un pafîage ;fa tête étoit couverte d’une efpèce de turban , & ilportoit dans fa main un bâton blanc, dont il frap-poit impitoyablement ceux qui étoient autour de lui:cet homme nous conduifit vers le chef, tandis que lesIndiens crioient Taio Tootahah , » Tootahah eji votrem ami a. Nous le vîmes comme un ancien Patriarche ,affîs fous un arbre & environné de plufieurs vieillardsvénérables. Il nous fit ligne de nous afieoir, & furle champ il nous demanda fa hache ; je la lui préfen-tai ainfi que la chemife , avec un habit de drap faitfuivant la mode de fon pays , & garni d’un efpèce derubans; il les reçut avec bien du plaifir, & tout defuite il endolfa le vêtement ; mais il donna la chemifeà la perfonne qui nous avoit fait faire paflage en dé-barquant fur la côte : cet homme étoit aflis alors prèsçl.e nous, & Tootahah fembloit dçfirer que nous euf-
fions