du Capitaine Cook. 359
tre-maitre avoit exercé contre lui une brutalité dont ilrougifloit & qu’il craignoit d'avouer. Tootahah le rap-pellant probablement la maniéré dont 011 s’étoitcomporté à Ion égard, & penfant que nous ne mé-ritions pas les cochons qu’il nous avoit laifiés parpréfent, il envoya dans l’après-midi un mefl’ager pourdemander en retour une hache & une chemife ; l’In-dien me dit que fon chef n’avoit pas deflein devenir au fort pendant dix jours ; je m’excufai dece que je différois jufqu’k fon arrivée de donner lahache & la chemife. J’efpérois qu’impatient de lesavoir , il viendroit bientôt les chercher , & que lapremière entrevue termineroit la froideur qui étoitentre lui & nous, & que l’abfence auroit probable-ment augmentée.
Le lendemain 4 , nous reflentîmes davantage lesfuites de Poffenfe que nous avions faite aux Otahi-tiens , dans la perfonne de leur chef, car le marchéétoit li mal fourni, que nous manquions du nécef-faire. M. Banks alla trouver Tubouraï Tamaïdé dansles bois, & lui perluada difficilement de nous fairevendre cinq corbeilles de fruit à pain ; enfin il les ob-tint, il y en avoit cent-vingt, & ce fecours nous vinttrès à propos. Dans l’après midi un autre meffagervint demander de la part de Tootahah la hache & lachemife ; comme il étoit abfolument néceflaire deregagner l’amitié de cet Indien, & que fans lui nousne pourrions guères avoir des provifions , je lui fisdire que M. Banks & moi, nous irions lui rendrevifite le lendemain , & que nous lui porterions cequ’il défiroit.
Ann. 1769.Mai.