du Capitaine Cook. 357
on me la raconta. Mon départ pour le bois avec undétachement d’hommes fous les armes , & dans untems 011 l’on avoit commis un vol, dont les Naturelsdu pays croyoient que j’étois furement indigné kraifon de la perte qu’il nous caufoit, les avoit telle-ment allarmés , que le foir ils commencèrent k quitterle voifinage du fort & k emporter leurs effets. M.Gore , mon fécond Lieutenant , qui commandoit kbord du vaiffeau , vit une double pirogue fortir dufond de la baie ; comme il avoit reçu ordre de n’enlaiffer paffer aucune , il envoya le contre - maî-tre avec un bateau pour l’arrêter : les Indiens ef-frayés en voyant que le bateau les abordoit, fautèrentdans la mer ; Tootahah étant malheureufement dunombre , le contre-maître le prit, le ramena au vaif-feau & laiffa les autres fe fauver k la nage vers lacôte. M. Gore l’envoya au fort fans faire attentionk l’ordre que j’avois donné de ne faifir & de ne déte-nir perfonne. M. Hicks , mon premier Lieutenant,qui y commandoit, après l’avoir reçu de M, Gore,ne crut pas être le maître de le renvoyer.
Les Indiens étoient fi fort prévenus de l’idée qu’onalloit mettre k mort Tubouraï Tamaidé , qu’ils necrurent le contraire que lorfque par mes ordres il eutété reconduit hors du fort, tout le peuple le reçut com-me fi c’avoit été leur pere qui eût échappé d’un dangermortel ; & chacun s’emprefla de l’embraflèr. La joiefoudaine eft ordinairement libérale, lans faire beaucoupd’attention au mérite de ceux k qui elle fait du bien , &Tootahah fe voyant en liberté contre fon efpérance,
Ann. 1769Mai.