Ann. 1769.Mai.
3 j6 Voyage
fe détachèrent pour aller à la recherche , & en rap-portèrent quelques pièces ; mais on dit que le voleurn’avoit pas porté fi loin le pied, ôc qu’on le rendroitpar la fuite ; en s’en retournant Tubouraï Tamaïdéconfirma cette promefTe, & M. Banks ôc M. Gréen ,fe difpofèrent à s’en revenir , parce qu’ils pouvoientfacilement fuppléer à ce qui leur manquoit. Ils avoientfait environ deux milles, lorfque je les rencontrai avecmon détachement , nous nous félicitâmes les uns lesautres d’avoir retrouvé notre inftrument nous refîèn-tions une joie proportionnée au degré d’utilité dontil étoit pour nous.
Sur les huit heures M. Banks retourna au fortavec Tubouraï Tamaidé ; il fut furpris d’y trouverTootahah gardé par des foldats, ôc de voir que plu-fieurs Otahitiens effrayés ôc dans la douleur environ-noient la porte du camp. M. Banks y entra en hâteôc on permit à quelques Indiens de le fuivre ; la fcèneétoit touchante ; Tubouraï Tamaidé courut versTootahah, ôc le ferrant dans fes bras, ils fondirenttous deux en larmes, ôc inondèrent leurs vifages depleurs fans pouvoir proférer un feul mot; les autresIndiens pleuroient également fur l’état de leur chef,ils étoient très-perfuadés qu’on alloit le faire mourir.J’arrivai au fort un quart-d’heure après, & ils reliè-rent dans la détreffe jufqu’à ce tems. Ce qui venoit defe paffer me caufa de l'étonnement ôc j’en fus très-affiigé ; on avoit mis Tootahah en prifon contre mesordres, ôc a l’inftant je lui accordai fa liberté : jem’informai de toute cette affaire, ôc voici comment