354 Voyage
i d Toubouraï Tamaïdé qu’il vouloit aller tout de fuite^Mai 769 ' aVCC ^ l’endroit où l’inffrument avoit été porté.
L’Otahitien y confentit, ils tirèrent du côté de l’Oueft,& le chef s’informoit du voleur dans toutes les mai-fons par où ils paffoient ; les Indiens lui dirent dequel côté il avoit tourné fes pas, & combien il y avoitde tems qu’ils ne l’avoient vu. L’efpoir de l’attraperbientôt, les foutenoic dans leur fatigue ; ils allèrent enavant , quelquefois en marchant , d’autrefois en cou-rant, quoique le tems fût exceffivement chaud. Lorf-qu’ils eurent grimpé une montagne éloignée du fortd’environ quatre milles , l’Indien fit voir à M. Banksun endroit fitué h trois milles au-delà , & lui dit parfignes, qu’il ne devoit pas s’attendre à retrouver l’inf-trument avant d’y être parvenu. Ils le reposèrent làpendant quelques inflans ; excepté une paire de piflo—lets que M. Banks portoit toujours dans fa poche, ilsn’avoient point d’armes ; ils alloient dans un endroitéloigné de plus de fept milles du fort, où les Infulai-res feroient peut-être moins fournis que dans les en-virons de notre camp ; il étoit très - difficile de leurfaire rendre une chofe qu’ils n’avoient volé qu’en met-tant leur vie en danger ; enfin quoique l’inftrument leurfût inutile, ils paroifloient difpofés à le garder. Toutesces réflexions décourageoient M. Banks & nos gens ,& leur fituation devenoit plus critique à chaque pas :ils réfolurent pourtant de ne pas abandonner leur en-treprife, & de prendre tous les moyens poffibles pourleur sûreté. M. Banks & M. Gréen qui allèrent enavant, me renvoyèrent l’Officier de poupe ; il vint medire qu’ils ne pouvoiont pas revenir avant la nuit , &