tac*
du Capitaine Cook. 339
MM. Banks & Solander fe décidèrent à s’en revenir.A l’inftant où ils fe difpofoient k prendre ce parti, undes naturels du pays leur offrit des rafxaîchilTementsqu’ils acceptèrent ; ils s’apperçurent que cet hommeétoit d’une race décrite par divers Auteurs, comme étantformée du mélange de plufieurs Nations , mais diffé-rente de toutes. Il avoit la peau d’un blanc mat fansaucune apparence d’autre couleur , quoique quelquesparties de fon corps fuffent un peu moins blanchesque le refte. Ses cheveux , fes fourcils & fa barbeétoient aufli blancs que fa peau ; fes yeux étoient rou-ges, & il fembloit avoir la vue baffe.
MM. Banks & Solander en s’en revenant , rencon-trèrent Toubouraï Tamaïdé & fes femmes qui, en lesvoyant, versèrent des larmes de joie , & pleurèrentpendant quelque tems avant que leur agitation pût fecalmer.
Le foir , M. Solander prêta fon couteau à une deces femmes qui négligea de le lui rendre & le lende-main matin, M. Banks reconnut qu’il avoit aufli per-du le lien. Je dois affurer à cette occafion que les Ota-hitiens de toutes les claffes, hommes & femmes, fontles plus déterminés voleurs de la terre. Le jour mêmede notre arrivée, lorfqu’ils vinrent nous voir à bord ,les chefs prenoient dans la chambre ce qu’ils pou-voient attraper , & les gens de leur fuite n’étoient pasmoins habiles à voler dans les autres parties du vaifleau ;ils s’emparoient de tout ce qu’il leur étoit facile decacher, jufqu’à ce que ils allaflent à terre. ToubouraïTamaïdé & Tootahah, étoient les feuls qui n’avoient
Vvij
Ann. 1769.Avril.