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Voyage
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qui voulurent s’approcher; & nous ne pûmes pas per-fuader aux hommes qui montoient celles-ci de venirà bord. Dans chacune des pirogues il y avoit de jeu-nes planes & des branches d’un arbre que les Indiensappellent E’midho ; nous apprîmes dans la fuite qu’ilsles apportoien't comme un témoignage de paix & d’a-mitié ; ils nous en tendirent quelques-unes le long descôtés du vaideau , en nous faifant , avec beaucoupd’empreflement, des lignes que nous n’entendîmes pasd’abord. Enfin nous conjedurâmes qu’ils defiroientque ces fymboles fudent placés dans quelque partieremarquable de notre bâtiment. Sur le champ nous lesattachâmes parmi les agrès, furquoi ils nous témoignè-rent la plus grande fatisfaèlion. Nous achetâmes leur car-gaifon , qui confifloit en cocos ôc en divers autres fruitsque nous trouvâmes très-bons après un fi long voyage.
Nous naviguâmes à petites voiles , pendant toutela nuit, fur des fonds de iz à zz brades, & vers lesfept heures du matin, nous mîmes à l’ancre par 13brades, dans la baie de Port-Royal , appellée par lesnaturels du pays Matavai. Nous fûmes bientôt envi-ronnés par les pirogues des habitans de l’Ifle qui nousapportaient des cocos, un fruit qui redemble à la pom-me, du fruit-à-pain, & quelques petits poidons qu’ilsdonnèrent en échange de nos verroteries. Ils avoientini coch'oh qu’ils r ' ne vouloient nous céder que pourune hache ; nous refusâmes de l’acheter , parce que ,fi notis leur en avions donné ce prix , ils n’auroientjamais voulu îe^diminuér dans la fuite, & nous n’au-rions' pas pu par cet échange nous-procurer tous les