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2 (1774)
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314
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Voyage

769.

qui voulurent sapprocher; & nous ne pûmes pas per-fuader aux hommes qui montoient celles-ci de venirà bord. Dans chacune des pirogues il y avoit de jeu-nes planes & des branches dun arbre que les Indiensappellent Emidho ; nous apprîmes dans la fuite quilsles apportoien't comme un témoignage de paix & da-mitié ; ils nous en tendirent quelques-unes le long descôtés du vaideau , en nous faifant , avec beaucoupdempreflement, des lignes que nous nentendîmes pasdabord. Enfin nous conjedurâmes quils defiroientque ces fymboles fudent placés dans quelque partieremarquable de notre bâtiment. Sur le champ nous lesattachâmes parmi les agrès, furquoi ils nous témoignè-rent la plus grande fatisfaèlion. Nous achetâmes leur car-gaifon , qui confifloit en cocos ôc en divers autres fruitsque nous trouvâmes très-bons après un fi long voyage.

Nous naviguâmes à petites voiles , pendant toutela nuit, fur des fonds de iz à zz brades, & vers lesfept heures du matin, nous mîmes à lancre par 13brades, dans la baie de Port-Royal , appellée par lesnaturels du pays Matavai. Nous fûmes bientôt envi-ronnés par les pirogues des habitans de lIfle qui nousapportaient des cocos, un fruit qui redemble à la pom-me, du fruit-à-pain, & quelques petits poidons quilsdonnèrent en échange de nos verroteries. Ils avoientini coch'oh quils r ' ne vouloient nous céder que pourune hache ; nous refusâmes de lacheter , parce que ,fi notis leur en avions donné ce prix , ils nauroientjamais voulu îe^diminuér dans la fuite, & nous nau-rions' pas pu par cet échange nous-procurer tous les