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Ann. 1769.Janvier.
181 Voyage
tems , ils conduifirent nos gens au village , qui étoic fi tuéfur une colline aride & couverte d’arbres auxquels lamain de l’homme ne paroît pas avoir jamais touché.Elle confifte en une douzaine de huttes de la ftruâurela plus groffière qu’on puilfe imaginer. Ces cabanesne font autre chofe que quelques pieux plantés en terre,inclinés les uns fur les autres par leurs fommets &formant une efpèce de cône femblable à nos ruches.Elles étoient couvertes du côté du vent par quelquesbranchages & par une efpèce de foin. Du côté fousle vent, il y avoit une ouverture d’environ la huitièmepartie du cercle , & qui fervoit de porte & de che-minée. Ces huttes étaient conftruites comme cellesque nous avions vues dans la baie de Saint - Vin-cent , & dans l’une defquelles nous avions trouvéencore des relies de feu. Il n’y avoit aucun meubledans la cabane. Un peu de foin , répandu à terre,fervoit à la fois de fieges & de lits. De tous les uften-files que l’adreffe & le befoin ont introduits parmiles autres Nations de Sauvages , ceux-ci n’avoientqu’un panier h porter à la main , un fac pendant furleur dos, & la veffie de quelque animal pour contenirde l’eau.
Les Habitans de ce village formoient une petire tribud’environ cinquante perlonnes des deux fexes & de toutâge. Ils font d’une couleur approchante de la rouillede fer mêlée avec de l huile j ils ont de longs cheveuxnoirs : les hommes font gros ôt mal faits ; leur flarureeft de cinq pieds huit à dix pouces. Les femmes fontplus petites & ne pallenc guère cinq pieds. Toute leur