/
Voyage
m — impoffible de les écarter pour s’y frayer un paflage.Ils étoient obligés de lever la jambe à chaque pas &ils enfonçoient dans la vafe jufqu’à la cheville du pied.Pour aggraver la peine & la difficulté d’un pareilvoyage; le tems qui jufqu’alors avoit été auffi beauque dans nos jours du mois de Mai, devint nébuleux& froid, avec des bouffées d’un vent très-piquant,accompagné de neige. Malgré leur fatigue ils allèrenten avant avec courage , ils croyoient avoir pallié leplus mauvais chemin , & n’être plus éloignés qued’un mille du rocher qu’ils avoient apperçu. Ilsétoient à-peu-près au deux tiers de ce bois maréca-geux , lorique M. Buchan, un des deffinareurs de M.Banks, fut faili d’un accès d’épilepfie. Toute la com-pagnie fut obligée de faire halte, parce qu’il lui étoitimpofîible de fe traîner plus loin ; on alluma du feu& ceux qui étoient les plus fatigués furent laiffésderrière pour prendre foin du malade. MM. Banks& Solander, M. Green & M, Monkhoufe continuè-rent leur route, &: dans peu ils parvinrent au fommetde la montagne. Comme Botaniftes ils eurent de quoifatisfaire leur attente ; ils trouvèrent beaucoup deplantes qui font auffi différentes de celles qui croiffentdans les montagnes d’Europe , que celles-ci le fontdes production de nos plaines.
Le froid étoit devenu très-vif, la neige tomboit enplus grande abondance, &c le jour étoit fi fort avancéqu’il n’étoit pas poilîble de retourner au vaiiîèauavant le lendemain. C’étoit un parti bien défagréa-ble & bien dangereux que de paffer la. nuit fur cette