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2 (1774)
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272
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Voyage

m impoffible de les écarter pour sy frayer un paflage.Ils étoient obligés de lever la jambe à chaque pas &ils enfonçoient dans la vafe jufquà la cheville du pied.Pour aggraver la peine & la difficulté dun pareilvoyage; le tems qui jufqualors avoit été auffi beauque dans nos jours du mois de Mai, devint nébuleux& froid, avec des bouffées dun vent très-piquant,accompagné de neige. Malgré leur fatigue ils allèrenten avant avec courage , ils croyoient avoir pallié leplus mauvais chemin , & nêtre plus éloignés quedun mille du rocher quils avoient apperçu. Ilsétoient à-peu-près au deux tiers de ce bois maréca-geux , lorique M. Buchan, un des deffinareurs de M.Banks, fut faili dun accès dépilepfie. Toute la com-pagnie fut obligée de faire halte, parce quil lui étoitimpofîible de fe traîner plus loin ; on alluma du feu& ceux qui étoient les plus fatigués furent laiffésderrière pour prendre foin du malade. MM. Banks& Solander, M. Green & M, Monkhoufe continuè-rent leur route, &: dans peu ils parvinrent au fommetde la montagne. Comme Botaniftes ils eurent de quoifatisfaire leur attente ; ils trouvèrent beaucoup deplantes qui font auffi différentes de celles qui croiffentdans les montagnes dEurope , que celles-ci le fontdes production de nos plaines.

Le froid étoit devenu très-vif, la neige tomboit enplus grande abondance, &c le jour étoit fi fort avancéquil nétoit pas poilîble de retourner au vaiiîèauavant le lendemain. Cétoit un parti bien défagréa-ble & bien dangereux que de paffer la. nuit fur cette