du Capitaine Cook. 167
trouvèrent aufli de l’eau , du bois & des oifeaux enabondance. Entr’autres productions que la nature étalédans ces lieux, on remarque l’écorce de winter efpècede canelle, appellée Winterranea Aromatica ; on la dis-tingue aifément à fa feuille large reifemblante à celledu laurier, d’un verd pâle en - dehors & bleuâtre en-dedans. Les Naturaliftes connoiflènt les propriétésde l’écorce, qu’on dépouille facilement avec un os ouun bâton pointu; on peut s’en fervir dans la cuifinecomme d’une épicerie , & elle n’eft pas moins agréa-ble que faine. Il y a auffi beaucoup de céleri fau-vage & de plantes anti - fcorbutiques. Les arbres fereifemblent beaucoup; ce font une efpèce de bouleau,appellée Bctula Antarclica. La tige a trente ou qua-rante pieds de long & deux ou trois pieds de diamè-tre , & l’on pourroit au befoin en faire des mâts deperroquets : la feuille en eft petite, le bois blanc, &il fe fend très-droit. Nous y ajouterons une efpècede canneberges, rouges & blanches , qu’on y voit engrande quantité.
Les perfonnes qui avoient débarqué ne virent au-cun des habitans, mais ils rencontrèrent deux de leurshutes abandonnées, l’une dans un bois épais, & l’au-tre fur le bord de la côte.
Nous remontâmes la chaloupe à bord, & nousfîmes voile dans le détroit. A trois heures du matin ,du 15 , je mis à l’ancre par iz braffes & demie ,fur un fond de rocher de corail , à un demi - millede la côte , devant une petite anfe que nous prî-mes pour le port Maurice. Deux des naturels du pays
Llij
Ann. 17 ^9Janvier.