zyi Voyage
Le Gouvernement remplit fon objet , fi c’eft la celui
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Chacun conviendra , je penfe , que les femmesdes colonies Efpagnoles & Portugaifes dans l’Améri-que méridionale, accordent leurs faveurs plus facile-ment que celles de tous les autres pays civilifés de laterre. Quelques perfonnes ont fi mauvaife opinion desfemmes de Rio - Janeiro , qu’ils ne croient pas qu’il yen ait une feule d’honnête parmi elles : cette condam-nation effc sûrement trop générale ; mais l’expériencequ’acquit le Doêleur Solander pendant qu’il y féjour-na, ne lui a pas donné une grande idée de leur chaf-teté. Il m’a dit qu’à la nuit tombante, elles paroiffoientaux fenêtres, feules ou avec d’autres femmes; & que ,pour diftinguer les hommes qu’elles aimoient & quipaffoient dans la rue , elles leur jettoient des bouquets ;que lui & deux Anglois de fa compagnie avoientreçu un fi grand nombre de ces marques de faveur,qu’à la fin de leur promenade qui ne fut pas longue ,leurs chapeaux étoient remplis de fleurs. Il faut avoirégard aux coutumes locales ; ce qui eft regardé dans unpays comme une familiarité indécente , n’eft dans unautre qu’un fimple a<fte de politeffe. Je ne m’étendraidonc pas fur le fait que je viens de rapporter; je mecontenterai de dire qu’il eft confiant.
Je n’affirmerai pas qu’il fe commet fréquemmentdes aflàffinats à Rio-Janéiro ; mais les Eglifes offrentun afyle au criminel, & notre cuifinier regardant unjour deux hommes , qui fembloient parler enfembleamicalement, l’un d’eux tira tout-à-coup un canif, &