Ann. 1768.Décemb.
246 Voyage
- tai de la grâce qu’il me faifoit, & je lui donnai, pourle Secrétaire de l’Amirauté, un paquet contenant descopies de tout ce qui s’étoit pafTé entre le Viceroi deRio Janeiro ôc moi ; j’en laifTai en même-tems desdoubles au Viceroi, afin qu’il les envoyât à Lifbonne.
Le 5 , il faifoit calme tout plat, nous levâmes l’ancre& nous remorquâmes le vaifTeau hors de la baie ; mais, ànotre grand étonnement, Iorfque nous fûmes à portéede Ùanta-Cru £ la principale forterefie, on tira deux coupsde canon fur nous : fur le champ nous jettâmes l’ancre &envoyâmes au Fort pour en demander la raifon. Nosgens raportèrent que le Commandant n’avoit point reçud’ordre pour nous laiffer paffer ; ôc que , fans cetteprécaution, on ne permettoit à aucun vaifTeau de navi-guer au-defîous du Fort. Je fus donc obligé de renvoyerchez le Viceroi, & de lui faire demander pourquoi iln’avoit pas expédié les ordres néceffaires, puifqu’il avoitété informé de notre départ, ôc qu’il avoit jugé h proposde m’écrire une lettre polie, pour me fouhaiter unheureux voyage. Le MefTager nous dit, pour réponfe ,que Tordre avoit été écrit quelques jours auparavant ;mais que, par une négligence inconcevable, on ne l’a-voit pas fait partir.
Nous ne fîmes pas voile avant le 7 ; ôc , Iorf-que nous eûmes pafî'é le Fort, le pilote demanda àêtre renvoyé : le bateau de garde qui rodoit autour denous, dès notre arrivée dans ce lieu jufqu’ici, ne nousavoit pas quitté ; enfin ils s’en allèrent l’un ôc l’au-tre. Comme M. Banks n’avoit pas pû aller à terre àRio Janeiro R il profita de fon départ pour examiner