Ann. 1767.Décemb.
188 Voyage
la mort. Afin de prévenir plus efficacement l’infraétfonde cette loi, je ne permis h perfonne d’aller à terre ,excepté à ceux qui y avoient affaire , & j’eus foin qu’au-cun de ceux-ci n’allât courir dans la Ville.
Le 2, j’envoyai le Contre-maître & notre Char-pentier avec le Charpentier du Falmouth , pour exa-miner le refte de l’équipement de ce vaiffeau qui avoitété débarqué à Onruji , & je leur ordonnai d’acheterce qui pourroît nous fervir. Ils nous rapportèrent unepaire de cargues , & ils nous dirent que tout le reftede l'équipement qu'ils avoient vu étoit pourri & horsd’ufage ; qu’ils avoient trouvé les mâts , les vergues Scles cables en pièces , & que les ferrures elles-mêmesétoient fi rouillées quelles ne valoient plus rien. Ihallèrent aufli à bord du Falmouth pour examiner foncalefatage, & ils virent-qu’il étoit fi délabré, que, fui-vant eux, la mouffon prochaine acheveroit de détruirele bâtiment. La plupart de fes mantelers étoient em-portés , l’étambord entièrement ufé, & il n’y avoit pasun feul endroit où l’on pût fe mettre à l’abri des injuresdu tems. Le petit nombre d’hommes qui appartenoientau vaiffeau, étoient aufli dans le plus mauvais état : infir-mes, malades,épuifés de fatigues,iis s’attendoient hêtreengloutis dans les flots dès que la mouffon arriveroit.
Entr’autres chofes qui nous manquoient , nousavions perdu deux ancres , 6 c nous en avions befoind’une , ainfî que de cordages de trois pouces de grof-feur pour en faire des cables ; les Officiers que j’avoisenvoyés pour les acheter vinrent me dire que le prixqu’on leur en avoit demandé étoit exorbitant, 6 c qu’ils