178 Voyage
il n’en étoit point revenu fur ces pieds , nous fûmes
Ann. 1767. obligés d’aller jufqu’à trois milles dans l’intérieur du
Septemb. , r 1 • ,
pays , avant de rencontrer une leule noix de coco.
Les chafïeurs foufFrirent des peines incroyables ; ilsfurent contraints de faire dix ou douze milles à traversdes huilions forts & épais, entrelaffés les uns dans lesautres , & les animaux étoient fi fauvages , qu’il leurétoit très-difficile d’en approcher ; de forte que je fusobligé de relever un détachement par un autre. On vintnous dire que le bétail étoit en plus grande abondanceà l’extrémité feptentrionale del’Ifle, mais que les chaf-feurs étoient fi épuifés de fatigues après y être arri-vés , qu’ils n’avoient pas la force de tuer le gibier &beaucoup moins de nous le rapporter. J’envoyai M.Gore & quatorze hommes s’établir dans cette partiede l’Ifle , Ôc je donnai des ordres pour qu’un bateauallât tous les matins, à la pointe du jour , chercherce qu’ils auroient tué. Sur ces entrefaites, je fs rac-commoder les doublages de cuivre du bâtiment, quiavoient été fort endommagés ; le Charpentier décou-vrit alors & étancha une grande voie d’eau au-delTousdes courbatons de l’éperon , par laquelle nous avionslieu de croire qu’étoit entrée la plus grande partie del’eau que le vaifleau avoit fait dans les gros tems.Pendant notre féjour à Tinia.11 , j’envoyai tous lesgens de l’équipage à terre, les uns après les autres,
if Octobre. & le 15 d’Oêlobre, tous nos malades étant guéris, nosprovifions d’eau & de bois complétés, le vaifleau prêtà remettre en mer, nous embarquâmes tout ce que nousavions dans î’Ifle. Il n’y avoit perfonne de nos gensqui n’emportât au moins cinq cents limons, & il y en