autour du Monde. 171
ques-uns de très - grands. Au côté de l’Ifle fitué fousle vent, ils trouvèrent des cocotiers en petit nombre;mais ils ne virent pas une feule habitation. Ils décou-vrirent auffi plufieurs petits ruiffeaux, qu’il auroit étéfacile de réunir en un feul courant. Dès qu’ils fefurent approchés de la côte , plufieurs pirogues , quiavoient chacun à bord fix ou huit hommes, allèrent àeux. Ces Indiens leur parurent robufîes & aêtifs; ex-cepté une efpèce de natte qui leur couvroit les reins ,ils étoient entièrement nuds. Ils étoient armés de gran-des maffues femblables h celles qu’on donne à Herculedans nos tableaux; ils en vendirent deux à notre Maî-tre de vaiffeau , pour un clou ou deux & quelquescolifichets. Comme nos gens n’avoient vu d’autresanimaux que des oifeaux de mer, ils étoient très-cu-rieux de favoir des naturels du pays s’ils en avoientde quelqu’autre efpèce ; mais il ne leur fut pas poffiblede fe faire entendre. Pendant la conférence , les In-diens formèrent le projet de fe faifir de notre bateau ;un deux fe mit foudainement h le tirer vers les rochers.Nos gens ne purent pas les en empêcher , fans dé-charger un coup de fufil à deux doigts du vifage decelui qui étoit le plus empreffé à cette manœuvre. Lecoup ne leur fit point de mal ; mais Pexplofion leseffraya tellement qu’ils s’enfuirent avec beaucoup deprécipitation. Nos bateaux quittèrent alors cet en-droit ; les eaux étoient devenues tout-à-coup fi baf-fes , qu’ils eurent beaucoup de peine à revenir auvaiffeau ; quand ils furent en pleine mer, ils trou-voient des pointes de rochers qui s’élevoient au-defîusde fa furface ; excepté dans un endroit , tout le récif
Yij
Ann. 1767.Août.