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Ann. 1767.Juillet.
158 Voyage
vent fur-tout pour la pêche, & nous en avons toujoursvu un grand nombre occupées fur le récif. D’autresfont conftruites de planches , jointes enfemble très-adroitement ; elles font plus ou moins grandes & por-tent de dix à quarante hommes. Ordinairement ils enattachent deux enfemble , & entre l’une & l’autre ilsdreflent deux mâts. Les pirogues (impies n’ont qu’unmât au milieu du bâtiment & un balancier fur un descôtés. Avec ces navires ils‘font voile bien avant dansla mer , & probablement jufques dans d’autres iües,d’011 ils rapportent des fruits du plane , des bananes ,des ignames , qui femblent y être plus abondans qu’àOtahiti. Ils ont une troifième efpèce de pirogues quiparodient deftinées principalement aux parties de plaifir& aux fêtes d’appareil ; ce font de grands bâtimensfuis voiles, dont la forme reffemble aux gondoles deVénife ; ils élèvent au milieu une efpèce de toit, &ils s’affeyent les uns delTus, les autres deffous. Aucunde ces derniers bâtimens n’approcha du vaiffeau , ex-cepté le premier & le fécond jour de notre arrivée ;mais nous en voyions trois ou quatre fois par femaine,une proceffion de huit ou dix , qui paffoient à quelquediftance de nous , avec leurs enfeignes déployées &beaucoup de petites pirogues à leur fuite , tandis qu’ungrand nombre d’Habitans les fuivoient en courant lelong du rivage. Ordinairement ils dirigeoient leurmarche vers la pointe extérieure d’un récif , (ituéà environ quatre milles à l’Oueft de notre mouillage :après s’y être arrêtés l’efpace d’une heure , ils s’enrttournoient. Ces procédions, cependant, ne fe fontjamais que dans un beau tems, ôc tous les Otahitiens