Voyage
RnHonma
Ann. 1767.Juillet.
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pendant cette journée avec beaucoup d’ordre 6c d’hon-nêteté , & nous quittâmes les Otahitiens nos amis ,très-contens les uns des autres, n
Le lendemain matin, x6 , fur les fix heures, la Reinevint à bord, comme elle nous l’avoit promis, elle nousapportoit un préfent de cochons 6c de volailles, maiselle retourna à terre bientôt après. Le Canonnier nousenvoya trente cochons avec beaucoup de volailles 6cde fruits. Nous complétâmes nos provifions d’eau 6cde bois , & tînmes tout prêt pour remettre en mer.Plufieurs habitans que nous avions déjà vus, vinrentde l’intérieur du pays fur le rivage \ par les égardsqu’on avoit pour quelques-uns d’eux , nous jugeâmesqu’ils étoient d’un rang fupérieur aux autres. Sur lestrois heures de l’après-midi, la Reine revint fur lerivage très-bien habillée 6c fuivie d’un grand nombrede perfonnes ; elle traverfa la rivière avec fa fuite 6cnotre vieillard, 6c vint encore une fois à bord du vaif-feau ; elle nous donna de très-beaux fruits ; elle renou-vella avec beaucoup d’empreflement fes follicitations,afin de m’engager à féjourner dix jours de plus dansl’ifle ; elle me fit entendre qu’elle iroit dans l’intérieurdu pays, 6c qu’elle m’apporteroit une grande quantitéde cochons, de volailles 6c de fruits. Je tâchai de luitémoigner ma reconnoiflance des bontés 6c de l’amitiéqu’elle avoit pour moi, mais je I’afl'urai que je mettroisfûrement à la voile dès le matin du jour fuivant : ellefondit en larmes comme à fon ordinaire, 6c , quandfon agitation fe fut calmée , elle me demanda parlignes quand je reviendrois. Je lui fis comprendre que