autour du Monde. 79
& quelques hameçons faits d’écailles d’huitres avecquelques-unes des coquilles donc on les failoit. Ilsrapportèrent qu’ils n’avoient point vu d habitans, maisqu’ils avoient vifité trois hutes , ou plutôt trois han-gards, compofés feulement d’un toît, proprement cou-vert de cocos & de feuilles de palmier , foutenu furdes piliers , & ouvert par-delfous tout autour. Ilsavoient vu aulli quelques canots qu’on conftruifoit ;mais ils n’avoient point trouvé d’eau douce, ni d’autrefruit que des cocos, lis avoient jette la fonde en diffé-rens endroits, fans trouver de mouillage ; & ils avoienteu beaucoup de peine à aborder, parce que la houleétoit très-forte : fur cette information, je louvoyaitoute la nuit , & le lendemain au matin j’envoyaide bonne - heure les bateaux pour fonder de nou-veau , en leur recommandant de trouver , s’il étoitpoffible , un endroit où le vaitleau pût mettre à l’an-cre; mais, à onze heures , ils revinrent après avoir euauffi peu de fuccès que la première fois. Ils me direntque toute rifle étoit entourée d’un récif, & que, quoi-que il y eût au vent une ouverture par laquelle on en-troit dans un large baflin qui s’enfonçoit vers le milieude l’Ifle , cependant ils l’avoient trouvée tellementpleine de brifans qu’ils n’avoient pas ofé s’y hafarder ,& qu’ils n’avoient pu non plus débarquer dans aucunepartie de I’Ifle, la houle étant plus haute encore qu’ellene l’étoic le jour précédent. Comme il ne pouvoit yavoir aucun avantage à refter en cet endroit , je fisremettre les bateaux à bord ; & je portai fur l’autre Iflequi nous reftoic au S. 22 d E., à environ quatre lieuesde dillance. L’Ille que je venois de quitter ayant été
Ann. 1767,Juin.