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Ann. 1766.‘ Juin.
78 Voyage
& au 19 d 34' de latitude S. Nous eûmes de grandscoups de vent, avec beaucoup de tonnerre & de pluie \nous vîmes plufieurs des oifeaux appellés frégates.
Le 3, nous vîmes un grand nombre de mouettes,ce qui, joint à l’incertitude du tems, nous fit efpérerque nous n’étions pas très-loin de terre. Le lendemainune tortue vint nager tout près du vaifTeau. Le y, nousapperçûmes plufieurs oifeaux , qui nous confirmèrentdans l’efpérance que nous approchions de terre. Le G ,à onze heures du matin , un Matelot , nommé Jona-than Puller , cria de la grande hune, Terre à VOueJl-Nord-Oueft. A midi on la vit diftinéfement du tillac,& l’on reconnut que c’étoit une ifle baffe , à environcinq à fix lieues de difiance. La joie que tout le mondereffentit k cette découverte , ne peut être connue quepar ceux qui ont éprouvé les dangers , les fatigues& les peines d’un voyage tel que celui que 110115avions fait.
Lorsque nous fûmes k environ cinq milles del’Ille que nous venions de découvrir , nous en vîmesune autre , gifant au N. O. y O. Vers les trois heu-res après-midi, étant très-près de la première , nousnous en approchâmes; comme mon premier Lieutenantétoit fort malade , je chargeai M. Furneaux , monfécond Lieutenant, d’aller k terre avec les bateaux ar-més & équipés. Comme il approchoit de l’Ifle , je visdeux pirogues en fortir & ramer avec beaucoup deviteffe vers l’Ifle qui étoit fous le vent. A fept heuresdu foir, les bateaux revinrent & rapportèrent plufieurscocos, une grande quantité de plantes anti-feorbutiques,