Ann. 1767Mars.
autour du Monde. 5 y
une pièce de bois & paroilfoit deftiné à fervir d’outilplutôt que d’arme.
Ils avoient tous les yeux malades ; ce que nousattribuâmes à l’habitude d’avoir le vifage fur la fuméede leurs feux. Ils exhaloient une odeur plus défagréableque celle des renards ; c’étoit vraifemblablement l’effetde leur malpropreté autant que de leur manière de fenourrir.
Leurs canots avoient environ quinze pieds de longfur trois de largeur & près de trois de profondeur.Ils étoient faits d’écorces d’arbres , coufues enfemble,foit avec des nerfs de quelques animaux , foit avec deslanières de cuir. Ils avoient bouché les jointures avecune efpèce de jonc , & le dehors étoit enduit de rélineou de gomme , qui empêchoit l’eau de pénétrer dansl’écorce. Quinze petites branches, courbées en arcs,étoient coufues tranfverfalement dans le fond & furles côtés, & des pièces droites étoient placées au fom-met en travers du bateau , & folidement attachées àchaque bout. Mais tout cela étoit mal conftruir, &nous ne vîmes rien de ces Américains qui annonçâtla moindre induftrie. Je leur donnai une hache oudeux, avec quelques grains de verre & d’autres baga-telles qu’ils emportèrent : ils tournèrent vers le Sud,& nous n’en vîmes plus aucun.
Perdant que nous étions dans cette ftation , nousenvoyâmes les bateaux , comme à l’ordinaire , pourchercher des mouillages ; ils allèrent jufqu'à dix lieuesà l’Oueft, & ne trouvèrent que deux endroits propres