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2 (1774)
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54
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Ann. 1767.Mars.

Voyage

: Le lendemain an matin , tandis que nos gens étoient

occupés h faire de leau 6c du bois, & à ramalîer ducéleri 6c des moules , deux canots pleins dAméricainsarrivèrent fur les flancs du vaiffeau. Ils avoient lairauffi greffiers 6c auffi miférables que ceux que nousavions vus auparavant dans la baie d Eii^abeth. Usavoient dans leurs canots de la chair de veaux-ma-rins , de blubbers 6c de pingoins , quils mangeoienttoute crue. Un de nos gens qui pêchoit à la ligne,donna à un de ces Américains un poifTon vivant quiLvenoit de prendre 6c qui étoit un peu plus gros quunhareng ; lAméricain le prit avec lavidité dun chienà qui on donne un os ; il tua dabord le poilîon , enlui donnant un coup de dent près des ouïes, & femit à le manger , en commençant par la tête 6c enallant jufquà la queue, fans rejetter. les arrêtes, lesnageoires, les écailles ni les boyaux.

Ces Américains mangèrent indiftin&ement tout cequon leur préfenta , cru ou cuit, falé ou frais ; maisils ne voulurent boire que de leau. Us étoient trem-blans de froid , & n'avoient pour fe couvrir quunepeau de veau marin , jettée Amplement fur leurs épau-les & qui ne defeendoit pas jufqua la ceinture ; nousremarquâmes même quen ramant ils laiffoient cettepeau à côté deux & reftoient abfolument nuds ; ilsavoient quelques javelines, groffièrement armées dunos à la pointe , & dont ils fe fervoient pour percerles veaux marins, les poiffons & les pingoins ; nousobfervâmes que lun deux avoit un morceau de fer dela grandeur dun cifeau ordinaire, qui étoit attaché à