IRWRWMa r
Ann. 1767.Mars.
Voyage
: Le lendemain an matin , tandis que nos gens étoient
occupés h faire de l’eau 6c du bois, & à ramalîer ducéleri 6c des moules , deux canots pleins d’Américainsarrivèrent fur les flancs du vaiffeau. Ils avoient l’airauffi greffiers 6c auffi miférables que ceux que nousavions vus auparavant dans la baie d’ Eii^abeth. Usavoient dans leurs canots de la chair de veaux-ma-rins , de blubbers 6c de pingoins , qu’ils mangeoienttoute crue. Un de nos gens qui pêchoit à la ligne,donna à un de ces Américains un poifTon vivant qu’iLvenoit de prendre 6c qui étoit un peu plus gros qu’unhareng ; l’Américain le prit avec l’avidité d’un chienà qui on donne un os ; il tua d’abord le poilîon , enlui donnant un coup de dent près des ouïes, & femit à le manger , en commençant par la tête 6c enallant jufqu’à la queue, fans rejetter. les arrêtes, lesnageoires, les écailles ni les boyaux.
Ces Américains mangèrent indiftin&ement tout cequ’on leur préfenta , cru ou cuit, falé ou frais ; maisils ne voulurent boire que de l’eau. Us étoient trem-blans de froid , & n'avoient pour fe couvrir qu’unepeau de veau marin , jettée Amplement fur leurs épau-les & qui ne defeendoit pas jufqu’a la ceinture ; nousremarquâmes même qu’en ramant ils laiffoient cettepeau à côté d’eux & reftoient abfolument nuds ; ilsavoient quelques javelines, groffièrement armées d’unos à la pointe , & dont ils fe fervoient pour percerles veaux marins, les poiffons & les pingoins ; nousobfervâmes que l’un d’eux avoit un morceau de fer dela grandeur d’un cifeau ordinaire, qui étoit attaché à