j2 Voyage
eurent ordre d’aller entre lui & la côte , & nous fui-vîmes. A onze heures, n’ayant que peu de vent, nousarrivâmes en travers d’un grand lagon ; comme il yavoit un courant qui y portoit avec force , le Swallowfut chaflé parmi les brifans, tout près de la côte oppoféeau vent. Pour comble de malheur, le tems étoit obf-curci par un brouillard épais , il n’y avoit point demouillage & la houle étoit très-forte. Dans cette péril-leufe fituation , le Swallow fit fignal d’incommodité ,& nous envoyâmes fur le champ à fon fecours notrechaloupe & d’autres bateaux. Les bateaux le remor-quèrent ; mais leurs efforts auroient été inutiles, fi unvent frais qui fouffla tout-à-coup de terre, n’avoit paschaffé le bâtiment au large.
L a mer étant devenue fort grofîe vers le midi,nous tournâmes le cap vers la côte feptentrionale.Nous nous trouvâmes bientôt entourés d’ifîes ; maisle brouillard étoit fi épais que nous ne favions ni oùnous étions , ni quelle route nous devions prendre.Nous envoyâmes les bateaux jetter la fonde parmi cesallés , mais on ne put point trouver de mouillage ;nous conje&urâmes alors que nous étions dans la baiedes IJles , & qu’il ne nous reftoit de moyen pouréchapper au naufrage que de porter fur le champ aularge ; mais cela n’étoit pas aifé , car j’étois prefquecontinuellement obligé de louvoyer pour éviter uneifle ou un rocher. A quatre heures après-midi, le temss’éclaircit heureufement pendant une minute ; & ce futallez pour nous faire reconnoître le Cap Upright, oùnous cinglâmes fur le champ , & à cinq heures &