autour du Monde. 25
Depuis ce jour jufqu’au 22, nous eûmes des coupsde vent & une grofle mer, & nous ne pûmes avancerque lentement : le 22 , nous jettâmes l’ancre k 18 braf-fes , fond de vafe. Les Oreilles d’Ane nous reftoientN. O. (). 2. O. ; le Cap de PoJJeJfion N. E. ; E., & lapointe des Goulets , du côté du Sud , étoit à trois ouquatre lieues de diltance , S. S. O. Suivant notre obfer-vacion , nous étions par 70 d 20' de longitude O. &52 d 30' de latitude S. La marée en cet endroit courtde S. E. ' E. , & N. E f N., faifant environ troisnœuds par heure. L’eau monte de vingt-quatre pieds 9& nous trouvâmes alors la haute marée à quatre heu-res du matin.
Le 23 au matin , nous mîmes k la voile, en tenantîe plus près ; mais la marée étoit fi forte que le Swallowprit une route , le Dauphin une autre , & le PrnceFrédéric une troifième. Nous avions un vent frais , maisaucun des vaiffeaux ne fentoit fon gouvernail. La fondenous donnoit des profondeurs différentes , & nousvoyions le bouillonnement dans le milieu. Dans cettefituation nous entrâmes dans le premier goulet, tantôten coëffant les voiles , tantôt en faifant fervir. Vers les fixheures du foir , la mer étant retirée , nous mouillâmesfur la rive occidentale, k quarante bralfes d’eau » fondde fable. Le Swallow mouilla fur la rive du Nord, & laFlûte k moins d’une encablure d’un banc de fable quife trouvoit k environ deux milles k l’Eft. Le détroit,en cet endroit, n’a que deux milles de large ; k minuit,la marée étant baillée , nous levâmes l’ancre & touâ-mes le navire. Il s’éleva bientôt après une brife, quiTome II. D
Asm.
Décemb.