autour du Monde. 23
à environ trois milles de la côte , ayant vingt brafTes -
d’eau fur un fond vafeux. Le Cap de la Vierge Marie 17 ^
nous reftoit alors N. E. j E. - E. ; & le Cap de Pof- ecemfejjlon O. y S. , à environ cinq lieues de diftance.
A peine y avoit-il une demi-heure que nous avionsjette l’ancre, lorfque les Naturels allumèrent plufieursgrands feux en face du vaiffeau ; & à la pointe du journous en vîmes environ quatre cens qui campoient dansun vallon d’un très-beau verd , fitué entre deux col-lines ; leurs chevaux paifloient derrière eux.
Vers les fix heures du matin nous remîmes fousvoiles , après la marée qui y monte & baille de trentepieds, & dont la vîtelfe eft d’environ trois nœuds parheure. Vers le midi, n’ayant que peu de vent, ôc lejuffant courant avec beaucoup de force , le Swallowqui étoit à l’avant , fit fignal & jetta une ancre ; j’enfis de même , ainfi que le Prince Frédéric qui marchoità l’arrière.
'Comme nous vîmes un grand nombre d’Américainsfur le rivage , & que le Capitaine Carteret m’avoit dieque c’étoit-là l’endroit où le Commodore Byron avoirtrouvé les grands Patagons , j’envoyai les Lieutenansdu Swallow & du P rince Frédéric an rivage, mais avecordre de ne pas defeendre à terre , parce que les vaif-feaux étoient trop éloignés de la côte pour être à portéede les protéger. Ces Officiers étant revenus, ils nousdirent que la chaloupe s’étant avancée à la rade très-près de la plage, les Habitans y étoient venus en très-grand nombre , & que c’étoient les mêmes que nousavions vus la veille , avec plufieurs autres qui n’avoienc