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3 (1774)
Entstehung
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320
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jio Voyage

la pointe du jour , nous découvrîmes une baie qui' fembloit être à labri de tous les vents, & dans la-quelle je réfolus dentrer avec le vaitîéau. La pinaiïeétant raccommodée, je lenvoyai avec le maître pouren fonder lentrée , pendant que je chicanai le vent,que nous avions debout; à midi, le goulet de la baienous reftoit au N. N. O. à environ un mille de dif-tance ; voyant de la fumée fur la côte , nous drel-sâmes fur le champ nos lunettes, & nous découvrîmesdix Indiens qui , à notre approche , abandonnèrentleur feu & fe retirèrent fur une petite éminence , dils pouvoient obferver nos mouvements. Bientôt aprèsdeux pirogues ayant chacun deux hommes à bord vin-rent fur la côte précifément au-deffous de cette éminen-ce ; les quatre rameurs montèrent au fommet pour join-dre leurs compagnons, qui y étoient déjà. La pinafîèqui avoit été envoyée en avant pour fonder, approchade cet endroit, & tous les Indiens , en la voyant , feretirèrent plus avant fur la colline , excepté un feulqui fe cacha dans des rochers près du lieu de débarque-ment. A mefure que la pinaiïe avançoit le long de lacôte , la plupart des habitans prenoient la mêmeroute, & fe tenoient vis-à-vis du bâtiment à une cer-taine diftance. Quand nos gens revinrent , le maîtrenous dit que plulieurs de ces Indiens étoient venusfur la grève dune petite anfe qui fe trouve dans lin-térieur du havre , & quils Iavoient invité à débar-quer , par des lignes & des paroles dont il nenten-doit pas la lignification ; il ajouta quils étoient tousarmés de longues piques & dune pièce de bois, dontla forme étoit affez reffemblante à celle dun cimeterre.

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