jio Voyage
la pointe du jour , nous découvrîmes une baie qui' fembloit être à l’abri de tous les vents, & dans la-quelle je réfolus d’entrer avec le vaitîéau. La pinaiïeétant raccommodée, je l’envoyai avec le maître pouren fonder l’entrée , pendant que je chicanai le vent,que nous avions debout; à midi, le goulet de la baienous reftoit au N. N. O. à environ un mille de dif-tance ; voyant de la fumée fur la côte , nous drel-sâmes fur le champ nos lunettes, & nous découvrîmesdix Indiens qui , à notre approche , abandonnèrentleur feu & fe retirèrent fur une petite éminence , d’oùils pouvoient obferver nos mouvements. Bientôt aprèsdeux pirogues ayant chacun deux hommes à bord vin-rent fur la côte précifément au-deffous de cette éminen-ce ; les quatre rameurs montèrent au fommet pour join-dre leurs compagnons, qui y étoient déjà. La pinafîèqui avoit été envoyée en avant pour fonder, approchade cet endroit, & tous les Indiens , en la voyant , feretirèrent plus avant fur la colline , excepté un feulqui fe cacha dans des rochers près du lieu de débarque-ment. A mefure que la pinaiïe avançoit le long de lacôte , la plupart des habitans prenoient la mêmeroute, & fe tenoient vis-à-vis du bâtiment à une cer-taine diftance. Quand nos gens revinrent , le maîtrenous dit que plulieurs de ces Indiens étoient venusfur la grève d’une petite anfe qui fe trouve dans l’in-térieur du havre , & qu’ils I’avoient invité à débar-quer , par des lignes & des paroles dont il n’enten-doit pas la lignification ; il ajouta qu’ils étoient tousarmés de longues piques & d’une pièce de bois, dontla forme étoit affez reffemblante à celle d’un cimeterre.
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