Ann . 1770.Mars.
192, Voyage
nous jugeâmes qu’elle avoit été frappée de plusieurscoups violens ; il lui manquoit même près de l’œil unepartie de l’os. Ceci nous confirma dans l’opinion queces Infulaires ne font point de quartier , & qu’ils negardent aucun prifonnier pour les tuer ôe les man-ger dans la fuite , comme les habitans de la Floride •car s’ils avoient confervé des prifonniers } ce pauvrejeune homme qui n’étoit pas en état de faire beaucoupde réfiftance, auroit probablement été du nombre ; nousfavons d’ailleurs qu’il fut tué avec les autres, puifquelecombat s’étoit paffé peu de jours avant notre arrivée.
Nous avons donné ailleurs une defeription affezdétaillée des bourgs ou hippahs de ces peuples , qui fonttous fortifiés , & depuis la baie Plcnty , ( d’abon-dance ) jufqu’au canal de la Reine Charlotte , les ha-bitans femblent y réfider habituellement ; mais dansles environs de la baie de Pauvreté, de la baie deHawke, de Tcgadoo & de Tolaga , nous n’avons pointvu de hippahs , mais feulement des maifons ifolées &difperfées à une certaine diftance l’une de l’autre ; ce-pendant fur les côtés des collines, il y a des plate-formes fort longues, garnies de pierres & de dards ;elles fervent probablement de retraites à ces peuplesquand ils font réduits à la dernière extrémité ; effec-tivement les hommes qui font en haut peuvent com-battre avec beaucoup d’avantage contre ceux quifont au - deffous , & fur qui ils peuvent faire pleu-voir des dards & des pierres , tandis qu’il eft im-poffible à ceux-ci d’employer de pareilles armes avecune égale force. Il eft probable que les forts ne