2.44 Voyage
;;i provifions d’eau ôc de bois , & le vaiiïeau prêt à re-
Ann. 1770. mettre en mer ; je réfolus donc de quitter cette con-trée & de retourner en Angleterre en fuivant la routedans laquelle je pourrois le mie'ux remplir l’objet demon voyage, & je pris fur cette matière l’avis de mesOfficiers. J’avois grande envie de prendre ma route parle Cap Horn, parce que j’aurois pu décider enfin s’ilexifte ou s’il n’exifte point de Continent méridional.Ce projet fut combattu par une difficulté allez fortepour me le faire abandonner : c’eft que dans ce cas nousaurions été obligés de nous tenir, au milieu de l'hiver,dans une latitude fort avancée au Sud, avec un bâti-ment qui n’étoic pas en état d’achever cette entreprife.En cinglant directement vers le Cap de Bonne - Ef-pirance , la même raifon fe prélentoit avec encore plusde force, parce qu’en prenant ce parti , nous nepouvions efpérer de faire aucune découverte intéref-fante. Nous réfolûmes donc de retourner en Europepar les Indes Orientales, & dans cette vue, après avoirquitté la côte de la Nouvelle-Zélande , de gouverner àl’Ouefl jufqu’à ce que nous rencontraffions la côte orien-tale de la Nouvelle-Hollande , & de fuivre enfuite ladirection de cette côte au Nord , jufqu’à ce que nousfuffions arrivés à fon extrémité leptentrionale. Mais li ceprojet devenoit impraticable, nous rélolûmes en outrede tâcher de trouver la terre ou les Ifles qu’on dit avoirété découvertes par Quiros.
D’après ce delfein , le famedi 31 de Mars 1778,nous appareillâmes à la pointe du jour & nous remî-mes en mer avec l’avantage d’un vent frais de S. E-