Ann. 1770.Mars.
du Capitaine Cook. 239
Tovy Poenammoo , je vais donner une defcription del’afpeét du pays.
J’ai déjà obfervé que le onze , quand nous étionsà la hauteur de la partie méridionale , la terre quenous appercevions alors étoit efcarpée & montueufe ,& qu’il y a beaucoup de raifons de croire que la mêmechaîne de montagnes s’étend prefque dans toute lalongueur de l’Ifle. Entre la terre la plus occidentaleque nous appercevions ce jour-là, & la terre la plusorientale que nous vîmes le 13 , il y a un efpace d’en-viron fîx lieues , où nous ne vîmes point la côte ,quoique nous découvririons diftin&ement les monta-gnes ütuées dans l’intérieur du pays. La côte prèsdu Cap Ouefi eft baffe , & s’élève doucement & pardegrés jufqu’au pied des montagnes ; la plus grandepartie en eft couverte de bois. Depuis la Pointe desCinq Doigts , jufqu’au 44 d 20' de latitude , il y aune chaîne étroite de collines qui s'élèvent directementde la mer & qui font couvertes de forêts. Derrière& tout près de ces collines , on voit des montagnesqui forment une autre chaîne d’une élévation prodi-gieufe , & qui eft compofée de rochers entièrementftériles & dépouillés , excepté dans les endroits oùils font couverts de neige , qu’on apperçoit fur laplupart en grandes maffes, & qui y eft probable-ment depuis la création du monde. Il n’eft pas pof-fible d’imaginer une perfpeèlive plus fauvage , plusbrute & plus effrayante que celle de ce pays , lorf-qu’on le contemple de la mer; car dans toute la por-tée de la vue , 1 œil n’appercoic rien que les fomméts