2 I 2
Voyage
—étions en travers du Cap Pallifer , & nous trouvâmes
Ann. 1770. q Ue J a terre couroit N. E. vers le Cap Turnagain ,que je jugeai etre éloigne d environ vingt-fix lieues:cependant, comme le tems étoit*brumeux & que nousne pouvions pas appercevoir au-delà de quatre oucinq lieues, je continuai toujours à porter au N. E.avec une brife légère du Sud ; & à midi, le Cap Pal -lifer nous refloit N. 72 d O. a la diftance de troislieues.
Sur les trois heures de l’après-midi, trois piroguesmontées par trente ou quarante hommes , & qui ,pendant quelque tems , avoient ramé après nous avecbeaucoup d’efforts & de perlévérance , atteignirentJe vaiffeau ; ces Indiens fembloient être plus pro-pres & d’un rang Supérieur à tous ceux que nousavions rencontrés depuis notre départ de la Baie desIJles , & leurs pirogues étoient distinguées par lesmêmes ornemens que nous avions vus fur la partieSeptentrionale de la côte. Il ne fallut pas beaucouples preffer pour les engager à venir à bord , & ils s’yconduisirent d’une maniéré très-civile & très-amicale.En acceptant nos préfens , ils nous en firent d’au-tres en retour , ce qui n’étoit encore arrivé à aucundes Naturels de ce pays. Nous remarquâmes bientôtque nos hôtes avoient entendu parler de nous, car,dès qu’ils vinrent à bord, ils demandèrent du W'how ,nom que donnoient aux clous les Indiens avec quinous avions trafiqué ; mais quoiqu’on leur eût parléde clous, il étoit clair qu’ils n’en avoient point vu ,