JJ.6 V O Y A C E
Ass. 17*9.Novemb.
timider ; c’eft pour cela que nous déchargeâmes d’a-bord quelques petites armes & enfuite un canon par-deffus leurs têtes. Le boulet leur eau fa une frayeurterrible ; il ne leur fit pourtant {Joint de mal, mais ilsfe mirent à ramer avec plus d’ardeur & avec unepromptitude furprenante.
Nous eûmes pendant la nuit de petites fraîcheursvariables , & le z6 , au matin , il s’éleva au S., ik en-fuite au S. E, une brife avec laquelle nous avançâmeslentement au Nord le long de la côte.
Entre fix & fept heures, deux pirogues arrivèrentprès de nous , & les Indiens qui les montoient nousdirent qu’ils avoient entendu parler de l’aventure de laveille, & cependant ils vinrent à bord & nous vendi-rent, d’une manière très-paifible ik très-honnête, toutce qu’ils avoient. Deux nouvelles pirogues plus gran-des que les autres , & remplies d’Infulaires , fe déta-chèrent bientôt de la côte. Quand elles furent près denous , elles appellèrent les autres qui étoient fur lescôtés du vaiffeau, & après une conférence de peu dedurée , elles s’avancèrent toutes enfemble. Les Etran-gers fembloient être des perfonnes d’un rang diftingué;leurs pirogues étoient bien fculptées & décorées deplu fleurs ornemens , & ils avoient avec eux un grandnombre darmes de différente efpèce , & entr’autresdes patou-patous de pierre & d’os de baleine, auxquelsils paroiffoient attacher un grand prix. Ils avoient auffides fanons de baleine fculptés & ornés de touffes depoil de chien, dont nous avions vu auparavant des imi-tations en bois. Leur tein étoit plus brun que celui