I
Voyage
que nous effayâmes de pêcher a la ligne, & dans peuAnn. 1769. ^ tems no us primes près de cent des poiffons appellesBrèmes de mer ,* ils pefoient de fjx à huit livres cha-cun , & par conféquent ils pouvoient fervir à la nour-riture de tout l’équipage pendant deux jours. Nousdonnâmes à cet endroit le nom dé Baie des Brèmes ,à caufe du fuccès de notre pêche. Les deux pointes quila forment gifent au Nord & au Sud, à cinq lieuesl’une de l’autre ; elle eft par-tout d’une afTez grandelargeur, & fa profondeur efl: de trois ou quatre lieues;il paroit y avoir au fond une rivière d’eau douce. Lapointe feptentrionale de la baie appellée Pointe desBrèmes s efl une terre élevée & remarquable par pîu-fleurs rochers pointus qui font fitués fur une même ligneau fommet de cette terre. On peut aufli la reconnoîtreau moyen de quelques petites Ifles appellées Bien andChickens ( la Poule & les Pou(Jins ) qui fe trouventvis-à-vis , & dont l'une efl élevée & fe termine endeux pics. Elle gît au 3-5 d 46 ' de latitude S., & auN. 41 d Q., à dix-fept lieues & demie du Cap Colville.
L A terre, entre la pointe Rodney & la pointe desBrèmes, dans une étendue de dix lieues, efl baffe ôcgarnie de bouquets de bois avec des bancs de fableblanc entre la mer & la terre ferme. Nous n’y vîmespoint d’habitans, mais feulement plufleurs feux pen-dant la nuit ; & il y a toujours des hommes par-toutoù il y a des feux.
L e , à la pointe du jour , nous quittâmes la baie ,& nous gouvernâmes au Nord le long de la côte :nous trouvâmes que la variation de l’aiguille étoit de
ii 4