138 Voyage
que reffemblance avec la riviere d’Angleterre qui porteAnn. 1769. ce nom . L es habitans du village où nous avions dé-Novemb. La. r qué, voyant que nous nous difpofions à les quitters’approchèrent de nous dans leurs pirogues , & trafi-quèrent d’une maniéré très - amicale jufqu’h ce qu’ilsnous eufTent vendu le petit nombre de marchandéesqu’ils avoient. Le jufant nous porta avant la nuit horsde la partie étroite de la riviere, au milieu du canal quidébouche dans la mer ; & nous fîmes de grands effortsalors pour atteindre promptement le vaifièau, mais nousrencontrâmes le flot de une forte brife du N. N. O.avec une pluie violente , ce qui nous obligea d’aban-donner l’entreprife ; vers minuit , nous courûmes au-deffous de terre, & nous amarrâmes à un grappin, &nous prîmes autant de repos que la fituation où nousétions pouvoic le permettre. Le 21 , à la pointe dujour , nous nous remîmes en marche , & il étoit plusde fept heures quand nous arrivâmes au vaiffeau.Nous étions tous extrêmement fatigués , mais nousnous crûmes heureux d’être â bord , car, avant neufheures, le vent fouffla avec tant de force que le bateaun’auroit pas pu voguer en avant, & que nous aurionsété par conféquent obligés d’aller à terre , ou de cher-cher un abri au-defîous de la côte.
Sur les trois heures, profitant du jufant de la ma-rée , nous appareillâmes & nous defeendîmes la ri-viere jufqu’a huit heures du foir , que nous remî-mes à l’ancre : 1 e 22, dès le grand matin, nous fîmesvoile avec le reflux , & nous naviguâmes jufqu’à ceque le flot nous obligea à mouiller de nouveau. Ccrn-
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