du Capitaine Cook. 133
mais, voyant que nous nous embarraffions fort peu de ""leurs menaces, ils nous jetterent quelques pierres, & ^^emb 9retournèrent enfuite vers le rivage. Nous comptionsn’avoir plus rien h démêler avec eux , mais ils revin-rent dans peu de tems, comme s’ils avoient enfin prisla réfolution de nous provoquer à un combat , & ilss’excitèrent à la fureur en chantant leur chanfon deguerre, ainfi qu’ils avoient fait auparavant. Tupia ,fans que nous l’en priafiions, alla lur la poupe, & femit à leur faire des plaintes & des reproches ; il leurdit que nous avions des armes qui les extermineroiencdans un inftant, & que nous ferions forcés de les em-ployer contr’eux , s’ils ofoient nous attaquer : pourtoute réponfe, ils agitèrent leurs armes & s’écrièrentdans leur langue: x> venez à terre, & nous vous tue-« rons tous « ; » fort bien, dit Tupia , mais pourquoi» nous inquiéter , tandis que nous fommes en mer ?
» comme nous n’avons pas envie de combattre, nousj.î n’accepterons pas votre défi, d’aller à terre, & vous« n’avez aucune raifon de nous faire une querelle , puif-v que la mer ne vous appartient pas plus qu’au vaif-r> feau «. Cette éloquence de Tupia, qui nous furpritd’autant plus que nous ne lui avions point indiqué lesraifons qu’il employoit, ne fit aucun effet fur nos en-nemis qui renouvellerent bientôt leurs menaces : noustirâmes alors à travers une de leurs pirogues un coupde fufil ; cet argument fit plus d’impreffion , car ilsvirèrent de bord fur le champ, ôc nous quittèrent.
De puis la pointe en travers de laquelle nous étionsalors, la terre court O. f 5, dans l’efpace de près d’une