Voyage
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— tagc ; mais les fondes ne furent jamais deux fois les
Ann. 1769. mêmes ; elles fautoient tout d’un coup de 7 à 11 braf-
Odtobre. r -n» j . r '
les. Dans peu de tems cependant nous nous tirâmes de
danger, 6e nous eûmes de nouvèau une eau profonde.
Nous étions alors éloignés d’un mille de l’Ifle qui feterminoit en roches blanches , depuis lefquelles une lon-gue traînée de terre balle fe prolongeoit vers la grandeterre. Nous vîmes allis fur les flancs de ces rochers ,un grand nombre d’indiens qui nous regardoiem avecbeaucoup d’attention , 6t il e±t probable qu’ils remar-quèrent de l’embarras 6c de la confufion dans notreéquipage , & de l’irrégularité dans la manœuvre duvaifîeau, pendant que nous cherchions à nous tirer dubas fond ; ce qui put les porter à conclure que nousétions alîarmés ou en danger. Nous crûmes qu’ilsavoient defTein de profiter de notre lîtuation , car ilsmirent en mer , avec toute la promptitude pollible,cinq pirogues remplies d’hommes bien armés. Ils s’a-vancèrent fi près , 6c leurs cris , l’agitation de leurslances 6c leurs geftes menaçans nous annoncèrent desdifpofitions fi hofliles , que nous fûmes en peine de notrepetit bateau, qui étoit toujours occupé à fonder. C’eftpour cela que nous leur tirâmes un coup de fufil lecoup qui ne leur fit point de mal, loin de les inti-mider , parut les exciter davantage ; en conféquence jefis tirer au milieu d’eux un coup de canon chargéà mitraille. Cet expédient nous réuflit mieux que lepremier. Dès qu’ils entendirent le bruit de l’explo-fion , ils fe levèrent tous brufquement 6c pou fièrent descris j mais au lieu de continuer à nous fuivre, ils fe