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3 (1774)
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68
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Voyage

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tagc ; mais les fondes ne furent jamais deux fois les

Ann. 1769. mêmes ; elles fautoient tout dun coup de 7 à 11 braf-

Odtobre. r -n» j . r '

les. Dans peu de tems cependant nous nous tirâmes de

danger, 6e nous eûmes de nouvèau une eau profonde.

Nous étions alors éloignés dun mille de lIfle qui feterminoit en roches blanches , depuis lefquelles une lon-gue traînée de terre balle fe prolongeoit vers la grandeterre. Nous vîmes allis fur les flancs de ces rochers ,un grand nombre dindiens qui nous regardoiem avecbeaucoup dattention , 6t il e±t probable quils remar-quèrent de lembarras 6c de la confufion dans notreéquipage , & de lirrégularité dans la manœuvre duvaifîeau, pendant que nous cherchions à nous tirer dubas fond ; ce qui put les porter à conclure que nousétions alîarmés ou en danger. Nous crûmes quilsavoient defTein de profiter de notre lîtuation , car ilsmirent en mer , avec toute la promptitude pollible,cinq pirogues remplies dhommes bien armés. Ils sa-vancèrent fi près , 6c leurs cris , lagitation de leurslances 6c leurs geftes menaçans nous annoncèrent desdifpofitions fi hofliles , que nous fûmes en peine de notrepetit bateau, qui étoit toujours occupé à fonder. Ceftpour cela que nous leur tirâmes un coup de fufil lecoup qui ne leur fit point de mal, loin de les inti-mider , parut les exciter davantage ; en conféquence jefis tirer au milieu deux un coup de canon chargéà mitraille. Cet expédient nous réuflit mieux que lepremier. Dès quils entendirent le bruit de lexplo-fion , ils fe levèrent tous brufquement 6c pou fièrent descris j mais au lieu de continuer à nous fuivre, ils fe