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Voyage
Le i h midi, le pic de Bolabola nous refioit auAnn. 1769. ^ O., & l’extrémité leptentrionale à’Ütaha au N.
80. O. & environ trois lieues. Le vent nous fut encorecontraire pendant toute cette journée & la nuit fui-vante. Le i8, fur les fix heures du matin, nous étionsprès de l’entrée du havre fitué lur la côte orientaleOtaha- â'Otaha , & dont nous venons de parler. Trouvantqu’on pouvoit l’examiner fans perdre de tems, j’en-voyai le Maître dans la chaloupe avec ordre de lefonder; je lui enjoignis en outre , fi le vent ne nousdevenoit pas favorable , de débarquer dans l’Ifle , &d’acheter des Naturels du pays tous les rafraîcnifTe-mens qu’il pourroit fe procurer. MM. Banks & So-lander s’embarquèrent avec le Maître , ils abordèrentfur la côte, & achetèrent avant la nuit trois cochons ,vingt & une volailles, & autant d’ignames & de fruitsdu plane que la chaloupe en pouvoit contenir. Lesfruits du plane nous étoient encore plus utiles que leporc ; on les fit bouillir , & ils fervirent de pain àl’équipage ; ce mêts fut d’autant plus agréable à nosgens , que notre bifcuit étoit rempli de vers , & qu’àchaque bouchée ils avaloient plus de vingt de ces ani-maux, dont chacun avoit un goût aufli piquant que dela moutarde. L’Ifle paroifloit être plus ftérile q\iUlic->tea, mais les productions font les mêmes. Les Infu-laires reffembloient exactement à ceux que nous avonsvus dans les autres Mes ; ils n’étoient pas en grandnombre , mais quelque part qu’allât la chaloupe, ilsfe ^ rafi’embloient toujours auprès de nos gens & leurapportoient tout ce qu’ils avoient à vendre : d’après ceque leur dit Tupia , ils nous rendirent les mêmes
honneurs