ii . Voyage
Ann. 1769.Juillet.
ou facrifice , un cochon d’environ quatre-vingt livres,qui avoit été offert tout entier & très-bien rôti ; il yavoit auffi quatre ou cinq Ewharre-no-Eatua , ouMaifons de Dieu , garnies de leurs bâtons de trans-port, & Semblables à celles que nous avions vues àUuaheine. M. Banks mit la main dans un de ces cof-fres , pour en examiner l’intérieur ; il y trouva quel-que chofe d’environ cinq pieds de long & d’un piedd’épaiffeur , enveloppé dans des nattes. Ses doigts fefrayèrent un paflage â travers plufieurs de ces nattes ;mais enfin il en rencontra une qui étoit faite de fibresde cocotiers, fi bien treflées enfemble qu’il ne put pasla déchirer, ce qui le força d’abandonner fon entrepri-fe , d’autant plus que les Infulaites étoient fort offen-fés de ce qu’il avoit déjà fait. Nous allâmes de-lâ kune grande maifon qui n’en étoit pas beaucoup éloi-gnée ; parmi des rouleaux d’étoffe & plufieurs autreschofes , nous y vîmes le modèle d’une pirogue d’envi-.ron trois pieds de long , auquel huit mâchoires d’hom-mes étoient attachées : nous avons déjà remarqué qu’ilsemportent ces offemens pour trophées de guerre,comme les Indiens de l’Amérique Septentrionale fe.parent de la chevelure de leurs ennemis. Tupia nousafiura que c’étoient des mâchoires des habitants à'U-,lietea ; fi fon rapport efl vrai, les Iniulaires les avoientpeut être ful'pendues avec le modèle d’une pirogue,comme le iymbole d’une invafion formée par les Sau-vages guerriers de Bolahola , &. comme un monumentde leur conquête.
La nuit s’approchoit alors, mais MM. Banks &
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