9 o OTA. OTB. OTF. 8cc.
le eft capitale du Royaume de Guriel, & la réfidence du Princede ce nom. * Maty, Dict. Géogr.
OTA. OTF. O T G. OTH. OTI. O TM. OTO. &c.
O TACILIA, Marcia Otacilia Sévéra, femme de l’Empe-reur Philippe, étoit Chrétienne, à ce que prétendent lesAuteurs eccléfiaftiques, & rendit fon mari favorable aux Chré-tiens. Cependant dans les médailles des villes de ce tems-là, el-le cil réprelentée avec toutes les marques de la Religion Payen-ue. Ces villes fuivoient en cela leur ufage ; & cela n’empêchepas qu’elle n’ait été Chrétienne, comme le témoigne Eufébe,Jlift. I. 6. c. 36. * DeTillemont, Pies des Empereurs, tome 3.
* O T A C I L I U S, efl répréfenté par Martial, l. 1. Epigr.79, comme un homme qui, quoique dans l’indigence, vouloitimiter autant qu’il lui étoit poflible la magnificence de Torqua-tus qui étoit un grand Seigneur, & lui applique le fort de lagrenouille qui creva en faifant des efforts pour tacher de parve-nir à la grandeur de la vache.
OTAGE, eft la perfonne qui eft donnée à l’ennemi de guer-re , pour fûreté & entretenement de la foi, jufqu’à l’exécutionde la parole & promeffe de celui qui le donne, comme gage mi-litaire. Ce terme ett compofé de ces deux mots , Oft, & Gage,& eft écrit par quelquts uns Hojlage: ce qui feroit tolérable,parce qu’alors il vient du mot Latin Hoftis , & que l’Efpagnoldit auffi Iluefte, au lieu que le François dit Oft, c’eft à dire, ar-mée. Le François fuit fon orthographe, écrivant âtage , qu’il dé-rive du mot Oft. Si celui qui donne ôtage manque à fa foi & àfa promeffe, la vie ou la mort de l’ôtage dépendent de celui quil’a reçu.
O T A N A. Voyez O T H A N A.
* OTBERT, Evêque de Liège, vers la fin de l’onzièmefiécle & au commencement du douzième, fe rangea du parti del'Empereur Flenri IV. Pendant la durée du Schilme, les Moi-nes de S. Hubert, oppofez au Schifme, eurent beaucoup à fouf-frir de la part de cet Evêque. Jarenton, Abbé de S. Bénignede Dijon leur écrivit pour leur offrir un azyle dans fon monafté-re. Le Clergé de Liège prit le parti de fon Evêque contre lePape, & publièrent contre fa lettre au Comte de Flandre, un Ma-nifefte fort vif. Cette Apologie ne fit qu’aigrir les efprits. L’Em-pereur Henri IV étant mort à Liège en 1106, Otbert le fit in-humer dans l’églife de S. Lambert; mais ce Prélat ne fut reçuà la communion de l’Eglife qu’à condition, qu’il exhumeroit lecorps de cet Empereur, qui demeura pendant cinq ans dans uncercueil de pierre fans fépulturc. * Voyez le Supplément de Pa-ris, 1736.
OTFORD, ville d’Angleterre, dans la partie occidentaledu Comté de Kent, & dans la contrée appellée Godsbeatb. Elledt fituée fur la rive droite de la rivière de Darent, & célébrépar la bataille donnée entre le Roi Edouard, furnommé Côte defer, & Canut, Roi Danois, qui perdit le champ de bataille &5000 hommes. Warham, Archevêque de Cantorbéry, y avoit faitbâtir une belle maifon, que l’Archevêque Crammer céda par é-change au Roi Henri VIII. * J)ici. Anglais.
O T F R O I, Moine Bénédiftin de l’Abbaïe de Wiffembourg,DHciple de Raban, Archevêque de Mayence, compofa une Hi-ltoirede l’Evangile en Langue Teutonique, afin que le peuple,qui n’entendoit ni le Grec ni le Latin, pût lire l’Evangile. Ildédia cet Ouvrage à Luitbert, Archevêque de Mayence, com-me on le voit par une lettre Latine, imprimée dans la Bibliothè-que des Pères. L’Ouvrage eft imprimé à Bâle, l’an 1571, parles foins de Matthias Flaçius Illyricus. Trithéme fait mentionde quelques autres Traitez d'Otfroi. * M. DuPin, Bibliothèquedes Auteurs Eccléfiaftiques du neuvième fiécle.
* O T G A I R E, Evêque de Mayence , fuccéda dans ce Siè-ge à Hcillulfe ou Haiflulfe en 825 , où félon le Grand Dictionnai-re Univetfel Ilollandois, en 827 , & il le tint jufqu’à l’an 847. CePrélat étoit plus propre à commander une armée qu’à gouvernerune églife. D’un autre côté, s’il ne garda pas lui même les Ca-nons , il eut quelque zélé pour les faire obferver. Il fut un desPrélats qui affilièrent au Concile de Thionville en 835, auquelDrogon, Evêque de Metz, préfida, * Voyez le Supplément deParis 1736.
* OTHANAou OTANA, étoit autrefois une ville é-pifcopale, fituée dans la partie fcptentrionale de l’ifle de Sardai-gne. Elle efl ruinée, & il ne relie plus parmi fes mafurcs qu’u-ne églife qui porte fon nom. Son Evêché a été transféré à Al-giéri. * Maty, Diü. Géogr.
OTIIE'LIO, connu fous le nom de Marcus AntoniusOtiie'lius , Profeffeur en Droit dans LUniverfité de Padoue, néà Udine dans le l’rioul, fe rendit fi habile dans le Droit Civil& Canon , que le Sénat de Venife lui donna à Padoue uneChaire qu’il remplit jufqu’à l'âge de 80 ans, avec un fuccès &un applaudiffement univerfel. Il étoit fi bon, que fes Ecolierslui donnoient ordinairement le nom de Père. Son grand âge futcaufe qu’on le difpenfa d’enfeigner; mais on lui conferva fa pen-fion. Il mourut l’an 1628, & laiffa des Confultations, & desCommentaires fur le Droit Civil & Canon, &c. * Thomafini, inElog. Doit, partie 2.
ÜTHMAN, OSMAN ou ODM AN ben affanou O F F A N, troifiéme Calife depuis Mahomet. Après la mortd’Omnr, fécond Calife des Mufulmans, les Gens du Confeil, ouplutôt les Candidats, ou Gens appeliez pour lui fuccéder, entreles mains dcfquels ce Calife avoit mis en mourant cette dignitécomme en dépôt, s’affemblérent pour lui donner un fucceffeur,l’an 23 de l’hégire, & 644 de Jefus Chrift. Abdelrahman, undes fix qui y pouvoient prétendre, céda fon droit à fes Collè-gues , à condition qu’il pourroit nommer le Calife. Tous furentd’accord de ce compromis, excepté Aü, qui prétendoit que le
OTH.
Califat lui appartenoit par fucceflîon, & qui fondoit fon droit furla proximité du fang. En effet, il étoit couiin germain de Maho-met, & avoit époufé fa fille aînée; de forte qu’il étoit devenu leChef de la famille des Hafchémites, que l’on qualiiioit du titrede la - Maifon du Prophète. Mais malgré, cette prétention d’Afi,Abdairahman , qui avoit le contentement de fes autres Collègues ,ne laiffa pas de nommer Üthman, fils dAffan, pour Calile, écde le faire proclamer & reconnoître pour tel par tous les Muful-mans. Ali proteita contre cette élection ; mais voyant dans lafuite le contentement général des peuples en laveur d’Othman,& que fon parti étoit le plus foible, il y donna les mains, & ren-dit l’hommage accoutumé au nouveau Calife. Üthman lut lur-nommé par les tiens, Dboulnoureïn, c’elt à dire, le pojjejjeur dedeux lumières, à caufe qu’il avoit époufé Rakiach, & Umm-Al-Calthoum, toutes deux filles de Mahomet, dont les Sectateurscroyent que la prétendue Prophétie a été une iource de lumière,qui a réjailli fur toute fa poltérité. Quelques uns veulent que l’é-leétion d’Othman fe fit fur la fin de ta vint-troiliéme année del’hégire & les autres la renvoyent jufqu’au commencement de lavint-quatriéme. Ce fut fous le régne d’Othman, que la grandeprovince de Choralfan, dans laquelle les Arabes étoient déjà en-trez fous le Califat d’Omar, fut entièrement foumiié à leur Em-pire , avec fes principales villes de Balkh, de Thous, de Hérat,& de Nifchabour, qui en ont été depuis les capitales, fous diver-fes Dynallies de la Haute Afie. 'Foute la côte d’Afrique, depuisla ville de Tripoli, qui fut prife par force, fous le Califat u’O-mar, l’an 22 de l’hégire, & le 643 de Jefus Chrift, jufqu’au détroitde Sebtah, fut conquife par les Généraux d’Üthman en peu d’an-nées ; & fi nous en croyons Khondémir, les Arabes pénétrèrentjufques dans le pals d’Andalous, ou Andaloufie, nom qu’ils don-nent à toute l’Efpagne en général. Le pals d’Andalous, féloneux, eft féparé de l’Afrique par le Détroit de Sebtah ou Ceuta,que nous appelions aujourd’hui le Detroit de Gibraltar, il fautremarquer, que Saïd, Commandant de l’armée d’Egypte pourüthman, fit de fi fréquentes courfes dans la Nubie, qui confineavec la Thébaïde, & preffa fi fort le Roi de cepaïs-ià, qui étoitChrétien, que pour obtenir la paix, il fut obligé par un Traitéd’envoyer tous les ans en Egypte un grand nombre d’EfclavesNoirs dont les Arabes faifoient grand état.-Les Grecs cependant poffédoient encore l’ifle de Chypre dontils ne pouvoient être chaffez par une armée navale, üthman fitéquiper l’an 649, fept cens vaiffeaux, qu'il envoya fous le com-mandement de Moavia, Gouverneur d’Egypte, qui ruina la plusgrande partie de cette ille; & y étant retourné l’année fuivanteil rafa la viHe de Nicofie, & laiffa toute Hile défertc. L’an653,Moavia gagna une bataille navale contre l’Empereur Confiant il,qui croifoit fur la Mer de Phénicie avec mille vaiffeaux; & l’an654,11 prit l’ifle de Rhodes, où il brifa le fameux Coloffe duSoleil qui étoit tout de fonte, d'où il fit emporter les morceauxà Alexandrie fur neuf cens chameaux, & ravagea une partie del’Arménie. Pendant le cours de fes viétoires, fes ennemis ani-me?, à ce que dirent en fuite les Ommiades , par Ali, & autori-fez par Aîféhach, veuve deMahomet, que l’on appelloit laPro-phétefiè, & qui avoit, en vertu de ce titre, beaucoup de créditparmi les Mufulmans, formèrent plufieurs plaintes contre lui.Les principaux chefs de leur accufation étoient, que ce Califearmoit trop tendrement fes parens ; qu’il depouilloit les plus bra-ves Capitaines de leurs emplois, pour les leur donner ; & qu’illes cnrichiffoit des deniers du thréfor public, que les Muful-mans tenoient pour facré, & auquel on n’avoit touché jufqu’a-lors, que pour les dépenfes de l'État, le même üthman y ayantlui-même reftitué plufieurs fois les fommes qu’il en avoit tirées,pour les employer à d’autres ufages. On avoit aufli interceptédes lettres écrites par Marvan, fils de Hakem , Séçretaire de fescommandemens, par lefquelles il donnoit des ordres pour tuerdes gens qui fe croyoient en fûreté fur fa parole. Il eft vraiqu’Othman & fes amis defavouoient ces lettres, mais fes enne-mis fecrets ne laifférent pas de lui en faire un crime, & de dé-baucher, fous ces prétextes, les provinces de la fidélité qu’elleslui avoient jurée. Il arriva à Médine des troupes d’Arabes &d’Egyptiens, qui fe difoient députez de leurs provinces. Onleur mit les armes à la main ; & üthman fe vit en peu de temsaffiégé dans fon Palais fi étroitement, pendant trois mois ou en-viron, qu’enfinPeau lui manqua. Ali, & fes enfans, Ilaffan &Houffain, firent mine de le défendre contre ces mutins. Üthmanfe préfeûta lui-même à eux avec l’AIcoran dans ion fein. Illeur protefta qu’il ne vouloit point d’autre Juge, entre lui &eux, que ce livre, qui devoit être la régie pour juger tous lesdifférents qui naiffent entre les Mufulmans; qu’il étoit prêt deréparer tous les torts qu’on lui imputoit d’avoir faits aux particu-liers contre les loix, & même d’en faire une pénitence publi-que. Mais les chofes avoient étépouffées trop avant, & les ré-voltez , qui en vouloient à fa vie, n’avoient garde de fe conten-ter de ce difeours. Aïfchah fut néanmoins confultée fur cetteaffaire, & répondit qu’on devoit recevoir Üthman à pénitence,comme elle le foutint depuis à Ali, lorsqu’elle eut embraffé dansla fuite le parti qui lui étoit contraire. Cependant, les efpritséchauffez n’étoient plus en état d’être calmez, ni difpofez à é-couter fes fentimens. On mit la main aux armes de part & d'au-tre , & üthman fut enfin accablé par le grand nombre de Con-jurez. On ne refpefla point en cette occafion l’AIcoran qu’ilportoit dans fon fein ; car il fut teint de fon fang qui couloit deplufieurs coups dont il 'fut percé, & fon corps même demeuralong-tems expofé fans fépulture apres fa mort. Ainfi mourutüthman , laifl’ant fa place à Ali, l’an 35 de l’hégire, & le 655 deJefus-Chrift, après douze ans de régne- Mais fon fang fut hau-tement vengé par Moavie, premier Calife des Ommiades, fonparent. Ce Calife avoit toutes les qualitez d’un grand Prince ;car il étoit magnifique, généreux, & libéral, attaché aux exer-cices