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6 (1740) Lettres M - O
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VI. Ulric, II. Comte d’Oftfrife, né l’an 1605 , fuccéda à fonfrère, & mourut le premier novembre 1648, laiflant de Julien-ne, fille de Louis, Landgrave de Hefle, 1. Ennon-Louïs quifuit; 2. George-Christian; & 3. Edzar-F’rrdinand, dont nous-parlerons cy-dejfous.

VI. Ennon-Louïs, Comte d’Oftfrifc rendit de bons fervices àl’Empereur Ferdinand III, qui le fit Prince de l’Empirel’an 1654-11 avoit époufé JuJiine-Sophie , fille à'Albert-Frédéric, Comte deBarbi, morte l’an 1677 , dont il n’eut que deux filles, 1. Julien-ne- Louïfe; & 2. Sopbie-Guillemette, époufe de CbriJlian-Louis , Ducde Wirtemberg, l’an 1693. Il laiffa la Principauté à fon frère puîné.

VII. George-Christian ..Prince d’Oftfrife, fut confirmé Prin-ce de l’Empire l’an 1662, & époufa Cbriftine-Cbarlotte, fille d’E-verard III, Duc de Wirtemberg. Il mourut l’an 1665. La Prin-ceffe fa femme, qui elt morte l’an 1699, accoucha peu après lamort de fon mari, d’un fils qui fuit.

VIII. Christian-Everard, Prince d’Oftfrife, né le onzièmeoftobre 1665, Chevalier de l’Ordre de l’Eléphant, mourut letroifiéme juin 1708. 11 avoit époufé l'an 1685, Everardine-Sopbie ,fille à! Albert-Erneji, Prince d’Oëdngen, dont il eut 1 .George-Al-bert qui fuit; 2. Charles-Emmanuel, né l’an 1692; 3- Augujle-Ennon,né l’an 1697; 4. Chriftine-Sophie, née l’an i<581; 5. Marie-Charlotte, néel'an 1689, mariée en 1709, b Evrard-Chrijlian fon couCm; 6 . Frédé-ric-Guillaume, né l’an 1695; & 7. Julienne-Louïfe, née l’an 1698.

IX. George-Albert, Prince d’Oftfrife, & du Saint-Empire,elt mort à Aurick, lieu de fa réfidence, le 13 de juin 1734, âgéde 44 ans accomplis, étant né à pareil jour du mois de juin del’année 1690. Le Roi de Daneinarck, fon beau-frére, venoit delui donner tout nouvellement fon Ordre de l’Eléphant dans unevifite qu’il lui avoit faite à Aurick. Le Prince d’Oftfrife étantdevenu veuf de Chriftine-Louïfe de Naffau-Idftein , morte le 13d’avril 1723, dans la 33. année de fon âge, fe remaria le 18 dedécembre de la même année avec Sophie-Caroline de Brandebourg-Culmbach, née le 31 de mars 1707, fœur puînée de SopbierMag-delene de Brandebourg-Culmbach, Reine de Danemarck & de Nor-vège, née le 28 de novembre 1710, & fille de feu Cbriftian-Hen-ri, Markgrave de Brandebourg-Culmbach, & de Sopbie-Cüriftine,née Comtelfe de Worltein. Le Prince d’OItfrife avoit eu de fapremière femme 1. Charles-Edzard qui fuit; &2. Henriette-Au-gufte-lVilbelmine, née le 21 d’avril 1718, & morte le 12 d’avril 1719.

X. Charles-Edzard, Prince d’Oftfrife, & du Saint-Empire,né le 19 janvier 1716, fuccéda à fon père au mois de juin 1734.Quelques jours auparavant, il avoit confommé le mariage qu’ilavoit contraété avec Sopbie-Guillelmine de Brandebourg-Culmbach-Bareith, née le huitième juillet 1714, nièce de fa belle-mére, &dernière fille de George-frédéric-Cbarles , Markgrave de Brande-bourg-Culmbach , Régent de Bareith, & de Dorothée, née Du-cheffe de Holftein-Sunderbourg.

VIL Edzar-P'erdinand , Comte d’Oftfrife, troifiéme fils d'Ul-ric II, mourut le premier de janvier 1668, laiflant à'Anne-Doro-thée, fille d’ Albert-Louis de Crichingen & Puttingen, fa femme

1. Evrard-Cbriftian-Guillaume , ou félon M. Hubner Edzard-E-vrard Guillaume, mortcà Vienne en 1707, fans laifler d’héritiers;

2. Fre’dr'rïc-Ulric qui fuit.

VIII. Fre'de'ric-Ulric, Comte d’Oftfrife, naquit le 31 dé-cembre 1667, & mourut le 13 mars 1710. 11 fut Lieutenant Gé-néral de la Cavalerie Hollandoife en 1709. U avoit époufé facoufine germaine Marie-Charlotte , fécondé fille de Cbriftian-E.vrard, Prince d’OItfrife , & il en eut Chrétienne-Louïfe, née le pre-mier février 1710, qui a eu les Etats Généraux pour Parrains,mariée le24 août 1726a vec Jean-Lotus-Adolphe, Comte de Wied-Runkel. * Cornélius Kempius, de Orig. Fr if. Mart. Hamconius ,de Rébus , Virifq. Illuft. Frf. & Tbeat. Regn. Font. & Princip.Frif. Suffridus Pétri, de Antiq. <ÿ Orig. FriJ'. Reufner. Junius.Cluvier, &c. Rittershufius, Généal. Imhof, Not. Imper.

* O S T H E I M, petite ville du Cercle de Franconie dansl’Evêché de Wirtzbourg vers les confins du Duché de Saxe-Ey-fenach, fur la rivière de Strey. Elle eft au nord de Schwein-furt, dont elle eft éloignée de huit à neuf lieues.

O S T I A Q U FI S, peuples qui font une nation particulièrede la Sibérie. Leur pais s’étend depuis Tobolsko, qui en eftla capitale, jufqu’à la ville de Jenokisko. Ce font des peuplesd’une petite ftature & fort mal faits, qui paflent leur vie dansune mifére extrême, tant les hommes que les femmes, & onttous la vue fort courte & tout à fait foible, ce qu’on peut attri-buer au manque de pain qu’ils ne peuvent avoir que des Voya-geurs qui paflent par là; & comme cet endroit n’eft pas un lieud’un fort grand paffage, les Etrangers y vont rarement. Ils nefe nourriffent que depoiffon frais qu’ils mangent au lieu de vian-de, & de poiflon fec qui leur fert de pain. La longue habitu-de leur fait digérer ces alimens. Leur pêche fe fait quand l’hi-ver commence, & lorsqu’elle a été bonne, iis fe rendent aumarché pour y vendre leur poifiTon, dont ils chargent tellementleurs traîneaux, qu’il leur faut de gros chiens robuftes pour lestirer. Ils en mettent trois ou quatre à un traîneau & le condu-fteur les chafle avec un fouet. Si le traîneau fe trouve tropchargé, il le traîne lui même avec les chiens. Ce qui a obligéà fe fervir de ces animaux, c’eft que tout le païs eft comme undéfert où fl n’y a aucun fourrage pour la nourriture des che-vaux. D’ailleurs les neiges y tombent en hiver de la hauteurd’une braffe, & les chiens paflent aifément deflùs avec leurstraîneaux. Les Oftiaques font d’une parefle horrible & ils necraignent rien tant que le travail. Il n’y a point d’hommes fousle Ciel plus fainéants, & ils n’ont pas plus de penchant pour lachafle. que pour les autres chofes. Leurs cabanes ne font faitesque d’écorce d’arbre entrelacées, & dans l’efpace d’un an ilschangent vint fois de place, fuivant la commodité & la furetédes lieux. Quand on leur demande la caufe de ce perpétuelchangement, ils répondent, qu’ils y font contraints pour éviter

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le tourment que les Voyageurs leur caufent : ce tourment confifteen ce que les Etrangers, les allant chercher dans leurs cabanes,les obligent d’en fortir pour venir ramer pendant quelques heu-res. En hiver, ils s’habillent de peau crues qu’ils portent le poilen dedans, & qui font aulli roides qu’un bâton: en été ils ontdes habits faits de la peau de certains poiffons. Leur Dieu, qu’ilsappellent Grand Scbeitan, eft fait de bois’, de cuivre ou de plomb,félon que celui qui le fait fabriquer eft riche ou pauvre. Lespauvres ne l’habillent que de vieux lambeaux, & les riches leparent de martes zibelines. - Ils lui font des encenfemens avectoutes fortes de parfums. Lorsqu’ils paroiffent devant cette ido-le, au lieu de prière ils prononcent je ne fai quelles paroles ehcontrefaifant la voix des poulets. Ils fe profternent contre terre& font avec les piez de vrais mouvemens de Bâteleurs, accom-pagnez d’autres cérémonies ridicules! Chaque fois qu’ils ontquelques feftins ou qu’ils prennent leurs repas, ils fervent à leurScheitan tout ce qu’ils ont de meilleur & le pofent devant luijufqu’à ce que la corruption le confuine, ou que les bêteS quivivent de proye viennent l’enlever. Ils croyent que s’ils en 6-toient quelque chofe, l’idole, pour les punir, les eftropieroit,en leur faifant perdre l’ufage des bras. Ils s’aliemblent quelque-fois dans leurs cabanes où ils font des hurlemcns effroyables,jufqu’à ce que le Démon vienne, qui leur prédit ce qui leur doitarriver. Us le croyent du moins & attendent leurs deftinées a-vec beaucoup d’intrépidité. Leur idolâtrie s’étend jufqu’à l’ado-ration de la peau d’un ours fur laquelle ils font ferment. Lors-u’ils ont pu en tuer quelqu'un, ils lui coupent la tête & lui reli-ent enfuite de grands honneurs. . Us fe courbent quelque peu ,Aillent comme on a coutume de faire lorsqu’on appelle un chien,& après avoir éçorché l’ours, iis lui difent, Qui t’a coupé la tète?qui t’a dépouillé de ta peau? ce font les haches di-s Rujjes, ce font lescouteaux des Rujjes ; attribuant aux Ruffes tout ce qu’ils ont faità cet animal. Us ont une chofe fort louable, c’eft qu’ils fontennemis des juremens & des faux fermens, perfuadez que ceuxqui jurent fans néceflité, ne doivent efpérer aucun bonheur danstoute l’année & que même ils ne la paiferont pas fans être déchi-rez par les ours , ou fans mourir de quelque mort violente. Usaiment fort le tabac, qu’ils fument d’une manière fort particuliè-re. Avant que de le prendre ils fe rempliffent la bouche d’eau,avec laquelle ils avalent le tabac. Le matin, lorsqu’ils fumentla première pipe, cette fumée qu’ils avalent leur ôte pellement larefpiration qu’ils tombent & demeurent quelque tems à terrecomme s’ils étoient atteints du mal-caduc, mais enfin ils revien-nent de cette fuffocation. Us ont la coutume de fumer toûjoursaflis: lorsque le tabac leur manque, ils fe fervent des copeaux

1 de leurs pipes, qui font faites d’un très-méchant bois & d’une fa-çon toute particulière. * Adam Brandt, Voyage de Mofcovie àla Chine. Th. Corneille , Ditt. Géogr.

OSTIE, Oftia, ville d’Italie dans l’Etat Eccléfiaftique,avec Evêché, fut bâtie par Ancus Mârtius, Roi des Romains,à l’emboûchure du Tibre dans la Mer de Tolcane, & fut détrui-te par les Sarafins. I! y a eu autrefois un fameux port à l’em-boûchure du Tibre. C’eft là où mourut fainte Monique, mèrede faint Auguftin. Le Doyen des Cardinaux eft toûjours Evê-que d’Oftie. Le Duc d’Albe prit l’an 1556 cette ville, que lestroupes du Pape reprirent peu après. * Léandre Alberti.

O S T I G L I A, petit bourg, mais ancien dans le Mantouanen Lombardie, fur le bord feptentrional du Pô, vis à vis dubourg de Réver, & à dix lieues au deflus de l'errare. * Maty,Dit't. Géogr.

O S fl O U G. Voyez OUSTIOUG.

O S T O R I U S, Romain, qui commandoit les troupes del’Empire dans la Grande Bretagne, en qualité de Lieutenant duPréteur. 11 traverfa un retranchement de pierres que Caraétacus,Roi Breton, lui avoit oppofé dans le païs de Cornouaille, mitfon armée en déroute, le pourfuivit dans les moijfagnes, l’y for-ça ; & l’ayant fait prifonnier avec fon époufe & fes enfans, les fieconduire à Rome. Pour cette expédition le Sénat lui décerna lètriomphe; & Caraétacus obtint fa liberté par la manière hardiedont il parla, & par 1a bonne conduite, quoiqu’il eût fait beau-coup de peine aux Romains par une longue & cnnuyeufe guerre,L’Empereur Claude conçut beaucoup d’eftime pour lui. Quant àOftorius, arrivant en Angleterre, il trouva les provinces Romai-nes inondées d’ennemis, qui le méprifoient comme un Capitainenouveau & fans expérience. Cependant, quoiqu’il arrivât en hi-ver, il leur fit tête, défit ceux qui s’oppoférent à lui, & fournittout le païs depuis la Saverne jufqu’aux frontières de l’Ecoffe. Laplus grande réfiftance qu’il trouva fut de la part de Caraétacus.* Camden, Britannia.

OS T RACINE, .étoit anciennement une ville épifcopalefuffragante d’Alexandrie, & fituée dans l’Egypte fur la côte de laMer Méditerranée, à dixhuit lieues de Damiette. Elle eft pré-fentement réduite en un village nommé OJlragioni. * Maty, Di-üion. Géogr.

OSTRACISME, Loi des Athéniens, en vertu de la-quelle par la pluralité des fuffrages, on condainnoit pour dix ansà l’exil, mais fans confifcation de biens , ceux qui avoient outrop d’autorité, ou trop de crédit, de peur qu’ils ne devinffentles Tyrans delà patrie. Le peuple s’aflembloit au jour afligné, &donnoit fes fuffrages en fecret contre celui qui devoit être con-damné. Cette peine n’étoit pas infamante, parce que ce n’étoitpas la punition d’un crime. On le nommoit OftraciJ'me, parceque le peuple donnoit fon fuffrage, en écrivant fur des coquillesle nom de celui qu’il vouloit ainfi bannir. Ariftide fut banni d'A-thénes par l’Oftracifme, parce qu’il étoit trop jufte, comme le ditPlutarque dans fa Vie. * Suidas. Plutarque, in Ariftide. LeScholiafte d’Ariflopbane.

OS TREVANT, oul’ISLE DE SAINT-AMAND.

’ C'eft un païs qui faifoit autrefois partie du Comté dç Valencien-nes;