MYC,
mnment l'importunité des mouches, qui eft fî grande, fur-tout dans les païs chauds, que quelques-uns ont cru qu il nefalloit pas moins qu’une Divinité pour les chafler. Celt lapenfée de Solin, où plutôt la raillerie qu’il fait de cette Iu per-itition. Saint Grégoire de Nazianzet dans ion premier Dil-cours contre Julien, fait mention d’un autre Dieu , nomméMouche, Dieu d’Accaron, propofé pour chafler les mouches.Il le nomme Myia, Mouche ; parce que les Accaronites, peu-ples de la Judée, en avoient une Idole, qu’ils révtroient fousle nom de Béclzebuth, c’eft à dire, Dieu des Mouches. * Carta-ri, Images des Dieux . Pline /. io. c. 28. Voyez J. Seiden, A DusSjris, & Cl. Saumaife, in Solinum.
MYC.
M YGALE, promontoire, ville & montagne au mêmeendroit de l'Afie Mineure, vis à vis de l’Ifle de Samos,qu’Etienne de Byzance met dans la Carie. Hérodote, /. i.Paufanias, & Strabon h 14, les mettent dans l’Ionie. Plutar-que en parle dans la Vie de Camille. * Lubin, 'labiés Géogra-phiques fur les Fies de Plutarque.
MYCALESSE, ville ancienne de la Grèce dans la Bœo-tie. Ses Habitans étoient adonnez à l’Agriculture. Il y avoitun Temple confacré à Cérès, & ils mettoient au pié de fa fta-tue toutes les fortes de pommes que l’Automne produit. Ondit qu’elles confervoient leur fraîcheur toute l’année. * Davi-ty, Bœotie. Th. Corneille, Dïft. Géogr.
MYCATE, nom d’une fameufe Magicienne,!dont Ovidefait mention. * Ovide, Mctam. I. 12.
MYCENES, Mycence & Mycene , vilie du Péloponnéfe,aujourd’hui la More’e, eft célébré dans les Poëmes d’Ho-mére. Perfée jetta les fondemens de cette ville vers l’an 2722du Monde, 1313 avant Jéfus-Chrift, & 3401 de la Période Ju-lienne. Il eft certain que la poftéritédeceHéros y régna quel-que tems, & nous trouvons qu’enfuite Atrée & Thyefte, &leurs Defcendans connus lous le nom de Pélopides, y régnè-rent jufqu’à l’an 2906 du Monde, & 1x29 avant Jéfus-Chrift,de forte que ce Royaume a duré 185 ans; mais il eft prefqueimpolîibte de donner une Suite exaéte de ces Rois. Eufébe ena donné une dans fa fécondé Chronique, que le Père Pétau aeuraifon derejetter, puifque cet Auteur ne s’accorde pas a-vec lui-même ; mais celle qu’il lui a fubftituée n’eft pas plusrecevable. Cet habile Critique ne pouvoit manquer defe trom-per en cet endroit; il rapprochoit trop la mort d’Hercule, &les diverfes entreprifes que fa poftérité fit fur le Péloponnéfe.Ce que d’autres ont imaginé a le même défaut. Eufébe en re-maniant cette Suite des Rois à diverfes reprifes, dans fa pre-mière Chronique, leur a bien pu fournir des citations d’Au-teurs capables d’éblouïr; mais ils ne pouvoient découvrir lavérité, parce que, fuivant leurs préjugez, ils ne croyoient pasqu’on dût reculer de vint-cinq années les entreprifes de la po-ltéricé d’Hercule. C'eft de là que dépend l’intelligence & l’u-fage d’un très beau paffage de quelque ancien Auteur, qu’Eu-fébe a défiguré en le citant & où il étoit dit, qu’il y avoit eudivers Rois à Mycénes durant 127 ans avant la prife deTroye,& que de ces Rois, les uns defcendant de Perfée, avoient ré-gné 82 ans dans cette ville, & les autres defcendant de Pélops,y en avoient régné quarante cinq. Perfée, Fondateur de My-cénes, eut pour fuccefleur Sthénélus fon fils, qui partagea lafucceflïon avec fes frères & les neveux, d’où vient qu’on trou-ve en même tems divers Rois, foit à Mycénes ou dans les pla-ces qui en dépendoient. Sthénélus eut Euryfthée fon fils pourfuccefleur; & celui ci fut tué par Hyllus.l’un des fils d’Hercu-le, Pan 2804 du Monde, & 1231 avant Jéfus-Chrift. En lui fi-nit la poftérité de Perfée, après 82 ans de régne. Il y eut a-lors une efpéce d’anarchie qui dura trois ans ; ies Héraclidesayant demeuré un an dans le Péloponnéfe, l’abandonnèrent,& fe repentant enfuite de cette démarche, ils y revinrent pourla fécondé fois l’an 2807 du Monde,& 1228 avant Jéfus-Chrift,quarante-cinq ans avant la prife de Troye. Les peuples ef-frayez de leur retour, offrirent alors la Couronne à Atrée,filsde Pélops, qui régnoit depuis trente-trois ans dans l’Elide.Atrée fe i’affura par la défaite des Héraclides, qui s’engagè-rent par un Traité à ne faire de nouvelles entreprifes qu’au boutde cent ans. II régna 20 ans ,& Thyefte fon frère lui fuccéda,l’an 2827 du Monde, & 1208 avant Jéfus-Chrift; après quoirégna Agamemnon, fils ou petit-fils d’Atrée, à qui la Couron-ne appartenoit de droit; ce qui a pu donner occafion à quel-ques-uns, de lui donner vint-fept ou vint-huit ans de régne,au lieu de quinze, comme s’il avoit commencé à régner auffi-tôt après la mort d’Atrée, & que Thyefte, à qui nous don-nons douze ans, après un Ancien,n’eût été que le Régent duRoyaume pendant fon bas âge. Agamemnon comptoic la trei-ziéme année de fon régne lorfque Troye fut prife, & il fut tuédeux ans après par Egyfthe, qui lui fuccéda. Eufébe donnelïx années de régne à celui ci, & cinquante-huit à Orefte, filsd’Agamemnon, qui le tua; ce qui ne peut être vrai dans au-cun fyftême, les Héraclides étant rentrez dans le Péloponné-fe, & s’en étant rendus les maîtres, prefque auili-tôt après lamort d’Orefte, l’an du Monde 2906, & 1129 avant Jéfus Chrift,comme nous le prétendons, ou vint-cinq ans apres, félon lePère Pétau & les autres. Strabon marque pofitivement que defon tems, c’eft à dire, fous le régne d’Augufte, & vers lanaiffance de Jéfus-Chrift, Mycénes ne fubfittoit déjà plus. Ce-pendant, fi l’on croit les conjeftures de le Noir, & celles deSophien, c’eft aujourd’hui, ou Charia, ou Agios Adrianos, àdix-huit milles de Corinthe. * Strabon, l. 8. Pline, /. 4. Pau-fanias, l. 2. Etienne de Byzance.
MYC. 511
MYCERINUS, Roi d’Egypte, fils de ChépbréHès , paffachez eux pour un Roi très jurte. Il régnoit vers l’an 789 a-vant Jéfus-Chrift. * Hérodote, l. 2.
MYC 1 THUS, Efclave d’Anaxilaiis, Roi des Rhégiens,ayant été nommé par fon Maître pour avoir foin de l’éduca-tion de fes deux enfans, & du gouvernement du Royaume, fecomporta fi bien, que les Rhégiens ne firent point de difficul-té de lui obéir. Quand fes pupilles furent parvenus en âge, illeur remit leurs biens & leur Royaume, & s’étant contentéd’une penfion médiocre, il fe retira à Olympie, où il pafla lerelie de fes jours tranquillement. * Maerobe, Saturnal. I. x. f.ir. Juftin, /. 4.
MYCON. Cherchez MIC ON.
MYC ONE, aujourd’hui MICOLI.Ifie de la Mer Egée,& l’une des Cyclades, efl entre celle de Nicaria au levant, cel-le de Teno & d’Andri au feptentrion,& a été nommée diverfe-ment par les Anciens, Myconos , & Mycone. Cette lile produit duvin, de l’orge, du coton, & une grande quantité de gibier.Les Poètes ont feint que les Géans vaincus par Hercule,furentenfévelis dans l’Hle de Mycone: ce qui donna lieu à ce pro-verbe des Anciens : Omnia jub unam Myconum congercre. Les Ha-bitans de cette Me étoient la plupart chauves, & aimoient àmanger chez les autres, d’où font venus encore ces prover-bes: Myconïorum more , & Myconïus conv'tva. Au relie, cette Men’eft féparée de celle de Délos que par un trajet de trois mil-les, & non pas de quinze milles, comme le dit Ferrari dansfon Diélionnaire Géographique. Entre Mycone & Délos, ily a un Ecueil que les Francs appellent Dragomnera,tk. les GrecsTragoniji, comme qui diroit VIJk des Boucs. Le circuit de My-cone eft d’environ trente milles. Elle n’a point de forterelfe :c’eft pourquoi les Turcs n’oferoient l’habiter, de peur que lesCorfaires Chrétiens ne les y viennent enlever, pour les faireEfclaves. Néanmoins les galères du Grand-Seigneur ne man-quent pas tous les ans d’y venir prendre le carafch ou tribut.Le nombre des Habitans ne monte guéres qu’à 2000, & l’ony trouve quatre femmes pour un homme; parce que la plupartde ces Infulaires font Mariniers ou Corfaires, & qu’il n’en re-vient prefque jamais la moitié de ceux qui vont chercher fortu-ne. il y a environ trente Eglifes Gréques, & une feule Lati-ne. Le Commandant de la ville étoit un Grec de Conllanti-nople l’an 1675. * Strabon. Pline. Plutarque. J. Spon, Voya-ge d'Italie, &c.
MYCONÏUS (Frédéric) furnommé Mecum, ThéologienLuthérien, naquit à Lichtenfelt en Franconie, l’an 1491- Al’âge de treize ans, il fut envoyé au Collège à Anneberg. & ydemeura plus de fix ans, au bout defquels il fe jetta dans lenouveau Couvent des Francifcains de cette ville. La premiè-re nuit qu’ii paffa dans ce Couvent, il eut un fonge remarquable,qu’il décrivit fort au long dans une Lettre adreffée à Paul Eberus.11 s’aquitta exaflement de tout ce à quoi fa qualité de Moinel’obligeoit, & choifit pour fes Patrons les Apôtres, les Mar-tyrs & les Confeffeurs. Il lut aiîidûment les Oeuvres de S.Auguftin & celles de Lombard & d’Alefius. Pendant lepc an-nées confécutives, il lut à table la Bible Latine avec les Glo-fes de Lyra, tellement qu’il la fa voit prefque toute par cœur,fe contentant d’en avoir une fciencehiilorique fans en pénétrerl’efprit. Il quitta enfin les études & voulut apprendre un métier,s’attachant tantôt à celui de Relieur, tantôt à celui de Tourneur &tantôt à celui de Menuifier. Dans ce tems-là,le fameux Jean Tet-zel vint à Anneberg, & Myconius l’entendit pendant deux ans.CommelaBulle de Pape portoit qu’on donneroit gratis des In-dulgences aux pauvres, Myconius en voulut avoir à ce prix-là;maisTetzel lerefufa. IlpalIaenfuiteâLeipfic,&de là à Weimar,où il prit les Ordres en 1506, & chanta fa première Meffe lejour de la Pentecôte, en préfence des Ducs de Saxe Jean , &Jean-Frédéric fon fils, qui en firent les frais. Comme l’annéefui vante Martin Luther s’oppofa à Tetzel à Wittenberg, My-conius fe rangea d’abord du côté de Luther, & s’attira par-làbien des chagrins. Les Moines le pourfuivirent de toutes leursforces, & obfervérent jufques à la moindre de fes démarches,tellement que pendant 18 mois il n’ofa parler, ni écrire à quique ce fût, & il s’en fallut peu que l’on ne le mît dans un ca-chot pour le refte de fes jours. En 1518, il fut appellé à laprédication à Weimar, où dans le commencement il prêchoitfuivant les fentimens de l’Eglife Romaine; mais après la le-éture des Ecrits de Luther, il changea de ton, & il paffepour être le premier des Prédicateurs de la Thuringe, qui fefoit oppofé à la Religion Romaine. En même tems il écrivitune Lettre à Anneberg, dans laquelle il remercioit Dieu, dece qu’il lui avoit plu de le retirer de la MaiJon de fervitude doPharaon,& il exhortoit cette ville à ne fe laiffer point détour-ner de la Vérité qu’elle avoit reconnue. En 1524- il fut en-voyé à Gotha pour y abolir la Religion Romaine; L’annéefuivante, il employa tous fes foins à appaifer le tumulte desPaïfans, ou du moins à faire en forte que Gotha n’en fût pasinquiétée. Par un feui difeours il toucha un grand nombre dePaïfans rebelles & les détourna de leur deffein , qui étoit dedémolir quelques châteaux & d'exterminer les familles nobles.11 fit diverfes fois le voyage des Païs-Bas avec Jean Frédéric,Duc de Saxe. II prêcha à Duffeldorff, difputa publiquementcontre les Moines à Cologne en 1527,6c fit imprimer le précisde cette difpute. Il annonça auffi fes fentimens à Brunswic.Zell,Soeft en Weftphalie, & en quelques autres endroits, où il a-voit fuivi le Duc de Saxe. Il fe trouva à l’Affemblée des Pro-teftans tenue à Sinalcalde, & aux Diètes de Francfort & deNuremberg. En 1538, il fut envoyé auprès de Henri VIII,Roi d’Angleterre, avec le Chancelier de Weimar. Il s'entre-tint alors à Londres au fujet de la Religion,avec trois Evêques,& quatre Doéteurs en Théologie- Après fon retour, Henri,
Duc