Cuscute, 455
plus haute antiquité, est arrivée jusqu'à nos jourssans qu'on ait jamais cherché à lui reconnaîtredes propriétés réelles qui expliquassent les guérisonsqu'on lui attribuait. Deux hypothèses se présententà cet égard, qui lui sont également désavantageuses :ou elle tient ses propriétés des plantes auxquelles elles'est attachée, ainsi elle est émolliente sur le lin, oupurgative sur les euphorbes, et alors, comme son origineest perdue quand elle est dans le commerce, on doitcraindre de l'employer connaissant aussi peu l'actionqu'elle doit produire; ou, ce qui est plus probable,son action est toujours la même, et elle est très-faible, comme ses qualités physiques. En effet, lacuscute ne doit avoir qu'une propriété très-faiblementtonique et astringente ; et dans ce cas on conçoitmal que depuis Hippocrate, qui la donnait dans luphthisie pulmonaire, jusqu'au crédule Jean Frank ,qui au commencement du dernier siècle a publiéun livre danslequel il la déclare le remède de presquetoutes les maladies, on conçoit mal, dis-je, qu'elle aitpu être utile dans des maladies aussi graves et aussidifférentes entr'elles qu« les obstructions des vis-cères , l'hypocondrie, la mélancolie , les affectionsasthmatiques, la goutte, le rhumatisme, l'hydropisie,les scrophules, etc. Il doit donc résulter naturelle-ment de ces considérations l'exclusion absolue dela cuscute, de la liste des médicameas, et c'est eneffet le sort que les médecins lui réservent.
La cuscute fleurit en juin : quand les graines sontmûres, elle prend racine en terre; ses tiges en sortent,mais meurent bientôt si elles ne trouvent pas unappui pour s'attacher, et vivre aux dépens du soutien,en abandonnant la terre. Elle est annuelle comme laplupart des plantes auxquelles elle se fixe.
II suffit, pour prouver qu'elle n'est pas susceptiblede culture, de citer le fait, rapporté par M. Turpin.Lorsqu'aux Antilles un couple amoureux se promènedans les bois, chacun arrache une poignée de cetteplante, la jette au hasard sur un buisson, et si au bouj;
I