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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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<äre, eft im de"pilatoire, a caufe d'un fei alkalin qu'ellecontient.

Teilina, a rtXua. , perftöia , parcc que cette co-quille croit en fort peu de tems en fa grofleur par-faite.

TEREBINTHINA.

Terebinthina, en Francois, Terebenthine, eft unerenne liquide ou une liqueur vifqueufe, gluante.re-fineufe, huileufe, claire, tranfparente , ayant la con-fiftence & la qualite des Baumes naturels; on la tirepar incifion ou fans incifion de plufieurs efpeces d'ar-bres qui croiffent aux pa'is chauds, comme du Te-rebinthe, du Meleze , du Pin , du Sapin , du Pi-cea.

Nous employons dans la Medecine deux fortes deTerebenthine, la premiere eft appellee Terebenthinede Chio, patce quelle nait en l'Ifle de Chio; c'elt laplus eftimee 8c la plus chere, mais eile eft rare : eilecoule par des incifions qu'on fait au tronc 8c aux grof-fes branches du Terebinthe; fa confiftence elt epaiffe,affez dure. On doit la choilir nette , tranfparente,de couleur blanche verdätre, ayant peu d'odeur, d'ungoüt prefque infipide: on l'employe dans la "Iheria-que.

On demande quelquefois dans les receptes des Phar-macopees, de la Terebenthine de Cypre; mais com-me Von ne nous en apportc point de ce pa'it-la, ilfaut lui fubftituer celle de Chio.

La feconde efpece eft appellee Terebenthine clai-re, eile eft beaucoup plus liquide, plus belle 8c plusodorante que Ja piecedente; eile fort fans incifion 8cpar incifion du Terebinthe, du Meleze, duPm, duSapin 8c de quelques autres arbres qui croiffent auxpa'is chauds: celle dont nous nous fervons nous eftap-portee du Dauphine, du Foret, des boisde Pilate.

La Terebenthine qui fort fans incifion eft appelldepar les Paifans du Dauphine Bijo» ; c'eft une efpecede Baume qui a une confiftance, une coukur 8c desvertus approchanres de Celles du Baume blanc du Pe-rou : mais parce qu'elle nait proche de nous , &qu'elle eft affez commune, on n'en fait pas beaucoupde cas.

La Terebenthine qui fort par incifion eft appelleevulgairement Terebemhine de Venife , quoiqu'ellen'en vienne point, mais on en apportoitautrefois dece pais-la; eile eft la plus en ufage dans la Medecine.11 faut la choifir nette, claire, belle, blanche, tranf-parente, de confiflance de fyrop epais, d'une odeurforte 8c affez defagreable, d'un goüt un peu amer.

Les Terebenthines contienr.ent beaucoup d'huilc &du fei volatil acide ou effenüel.

Elles fönt fort aperitives, propres pour la pierre,pour la cohque nephretique, pour les ulceres du rein8c de la veffie ; pour les retentions d'urine, pour lesgonorrhees , on en prend par la boache 8c l'on enmele dans les lavemens. La dofe par la boucbe eftdepuis demi-dragme jufqu'ä une dragmej eile donneä l'utine une odeur de violette, 8c eile excite quel-quefoisdes douleurs de tete; on en met deux ou trois

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dragmes dans un Javement: on s'en fert aufii exte-rieurement comme d'un bäume pour deterger 6c con-folider les playes, pour les contufions , pour forti-fier, pour refoudre. On n'ernploye la Terebenthinede Chio que pour l'interieur.

Tertbinthin», parce que cette liqueur decoule d'unarbre appelle Terebinthus, Celle qui decoule des au-tres efpeces d'arbres eft appellee du meine nom parreffemblance.

TEREBINTHUS.

Terebinthus , Dod. Ger. J. B, Ran Hi'ft.Terebinthus vulgaris, C. B, Pit. Tournef.Terebinthus angußiore foliv vulgaiior, Park.Terebinthus foemina altera, Tluophrafti.En Francis, Terebin.hc.

* Eft un arbre de hauteur mediocre, couvert d'u-ne ecorce grife cendree ; fes feuiiles fönt oblongues,fermes, toujours vertes comme Celles du Laurier,mais plus petites, rangees plufieurs für une cotc quieft terminee par une feule feui le: fes fkurs fönt dif-pofees en grapes purpunnes, dans lefquelles iont en-taffees par pelotons desetamines cbargees, de fommets;cesfleurs ne lailFcnt aucuns fruits apres elles, les fruitsnaiffent für des pieds qui ne portent point de fieurs:ce fönt des coques groffes comme des bayes de Ge-nievre, affez dures, vifqueufes ou refineules au tou-cher, de couleur bleue verdätre, teignant les mains;elles renferment chacune une femence oblongue. Cetarbre eft fort refineux, fon bois eft dur 8c femblable äcelui du Lentifque ; il porte comme l'Orme une vef-fie remphe d'une liqueur gra/fe, oü s'engendrent desmoucherons: il croir en 1'Ifle de Chio, en Cypre, enEfpagne, en Languedoc, en Dauphine & aux autrespais chauds; il eft tellement empreint de Terebenthi-ne, que quand on n'y fait point d'incifions, cette re-fine s'epaiffit, s'endurcit 8c produit des obftruetionsqui empechant le cours 8c ia circulation du fuc nour-ricier, l'arbre tombe alors dans une efpece de luffoea-tionj car il groffit, il avorte & il creve. Pour pre-venir cette maladie , on fait des incifions au bas dutronc de l'arbre, qui fönt comme des f.vgr.ees du pied,par oü l'on laiffe ecouler la Terebenthine, capabledecaufer une trop grande repletion ; on fait aufli des in-cifions au milieu du tronc ^ aux groffes branches del'arbre, qui fönt l'effet des faignees du bras, 8c l'on afoin de placer des ecuelles ou des terrines fous ces in-cifions pour en recevoir la Terebenthine om encoule.

Le Terebinthe contient beaucoup d'huile 8c du feiacide effentiel.

Son ecorce, fes feuiiles 8c fon fruit fönt aftringer.rs8c propres pour arreter les cours de ventre, pour ei«citer l'urme 8c la femence.

Terebinthus, ab tptßttbii, Cicer , parce que le fruitde cet aibre a Ia figure 8c la groffeur approchante decelle du pois chiche.

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* V. IL XXII. ,fig. 12.

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