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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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wm gntft corüt , un cable, parce que cet arbrifTeaii eftflexible de pliant curarae un cable; mais cette etymo-ogie ne me paroit guere bonne.

S P O D I U M.

Spodium , £^«r ußum.

En Frankens, J)u><& ou 2"Wre ir«/V.

Eft de l'Yvoire coupe par petto morceaux & calci-Sie ä feu ouvert jufqu'ä ce qu'il ne fumc plus, & qu'ilait ete reduit en une matiere poteufe, cailante, lege-ie, blanche, alialme , keile ä mettre en poudre:c'eft proprement la tete morte de l'Yvoire, car toutlefel de cette dent d'Elephant etoit volatil, & il s'envole entierement par la calcination avec l'huile &le phlegme, en forte qu'il n'eii reM ni fei ni aueunprincipe a&if dans le Spode. On pourroit profitcr deces prineipes a&ifs li Von faifoit Ja diftillation de l'Y-vojre par la cornue a un feu gradue dans un grandreeipient de verre, comme je Tai decrit dans monLivre de Chymie; car on retirevoit du fei volatil, de-Tefprit & de lhuile d'Yvoire, öc la matiere noire quirefteroit dans la cornue feroit auffi bonne pour en fai-re du Spode que fi l'Yvoire n'avoit pas ete diftille : iln'y auro.t qua Ja mettre calciner au milieu des char-bonsardents jufqu'ä ce quelle tut bien blanche , cequi arnveroit en peu de tems. On doit choilir leSpode bien blanc dehors & dedans , net, en beauxmorceaux faaies a lompre.

11 eil aftnngent 8c propre a atreter les hemotragies,]es cours de ventre , la gonorree, pour adoucir lesaeides &c les acretez des humeurs, pour empecher quele lait ne caille'dans l'ellomac. La dofe en eft depuisdemi-fcrupule jufqu'a deux ferupules.

Le Spodium , ou Antifpodium des anciens Arabes,6toit les racines des Rofeaux brulees & reduites encendres; on lui atuibueit de gtsndcs vertus pour for-tifier le cceur, pour reparer les efprits 8c les forcesabatues: mais toute la qualne de cette cendre ne con-fiftoit qu'en un fei apentif quelle contenoit.

Le Spodium des anciens Grecs etoit la Tutie, dontje parlerai en fon lieu.

Spodium, * trnoeet,, cinis , parce que le Spode eftwie mattete cakinee Öc commc reduiteen cendres.

SPONGIA.Spongia , Fungus mar'tnus.

En Francois, Eponge.

Eft une efpece de plante legere, molie & tres-po-reufe, qui a beaueoup de reffembiance avec le Cham-pignon, & qui nait attachee aux rochers dans la mer:il y en a de deux efpeces, de fines, qu'on appelleEponge male; & de groffieres, qu'on nomme Epon-ge femelle. On dit qu'il en vient beaueoup d'une Iiled'Atk, nommee leane, ou Nicarie, ou les garconsfönt oWigci de les aller pecher au fund & au milieude la mer, s'ils veulertt etre mariez; car les fiües föntJe prix & la tecompenfe de ceux qui demeurent lc

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plus long-'ems dans la mer, 5c qui en raportent leplus d'Hpon^es: & la raiion de c* procede eil que leshabitans payent au Grand Seigneur leur tribut enEponges.

Les Eponges !cs plus eflimees fönt les plus fines,appellees Eponges mäles: on doit les choilir moyen-nement großes, legeres, reiTerrees ou ayant leutspo-res petits, de couleur grde cendr^e ou jaunatre.

II fe rencontre quelquefois dans l'Eponge certainspetit corps durs qui paroiffent etre des pierres ou dugros fable ; mais quand on les regarde avec un Mi-crofcope, i'on appereoit que ce fönt la plüpart de pe-tites coquilles; fi ces coquilles ont renferme quelquesiiifecles de mer, comme il n'y a guere lieu d'en don-ter, ces petits infectes ne devroient pas e*tre plus grosque deseirons.

On trouve des Eponges raroeufes, ou qui jettentdes rejettons en maniere de plante: on appelle vul-gairement ces rameaux ou rejettons, i'.tur d'Eponge ;il en nait auffi dans les nvieres

Les Naturahftes ont mis l'Eponge au nombre desZoophytes ou annnaux pUntes, parce quelle remuedans la mer ä peu pres comme animal; mais il n'ya point de verirable Zoophytc, & fi l'Eponge fe re-mue dtant dans/a mer, c'eft par l'eau qui tntre dansfes pores, & qui y f.,ifant differens contours fans pou-voir avoir toüjours fon lffue hbre, goufle 5c contraclefes fibres & les contraint de s'agiter.

Si l'on allume l'Eponge au feu, eile rend une odeurde corne brule'e; fi l'on la met en diitillation dans unecornue, eile donnera de l'huile noire 6c puante, 5jbeaueoup de fei volatil urineux femblables au fei vola-til de corne de cerf, mais en plus grande quantite" äProportion.

hes Eponges fönt propres pour abforber les humi-ditez (älines des playes, pour deterger & confumerleshumiditez baveufes, etant appliquees deflus; on lesprepate avec de la cire, comme je Tai dit dans maPharmacopee Univerfelle.

Les pierres ou petites coquilles qui fe troiwentdans les Eponges, iont eftirnees bonnes pour attenuerdivifer&refoudre les humeurs groffieres, pour la pier-re, pour Jes fcrophules & ecrouelles, pour Jever Jesobllrudtions; on Jes pulverife, on Jes rreJe arec au-tant d'arcanum duplicatum , & l'on en fait prendrependantun mois une dragme chaquejour: ce reme-de a plus de vertu 8c d'adion que la pierre d'Epongegrofie comme une amande dont il a 6tc parle en fonlieu fous le nom de Lapis fpongh.

On fait briiler les Eponges, &C Ton employe leurcendre pour legoitre, pour le fcorbut. La dofe eneft depuis demi-fcrupule juiqu'a demi dragme.

Spongia vient du nom Grec trsro/yos, qui ligmfie lameine chofe.

On appelle Spongia pyrotechnaca certaine mexhe noi-re pour lc fufil, dont les Allemans fe fsrvent; eile fefait avec de grands Champignons noirätres ou roufla-tres qu'on trouve für de vieux arbres en Allemagne,comme für des chen«s,fur desfrenes, für des fapins;on les aplatit en les battant, on les met bouilhr avecde l'eau dans laquelle on a dillout du falpetre, puia

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