S A.
irient. La dofe en eft demi-fcrupule jufqu'ä deux fcni-^pules; on s'en fert auffi dans ks collyres, pour deffe-'eher les ukeres des yeux.
Le Saphir a pris fon nom d'un Iieii nomme enGrecSiewpeif , d'oü Von en tiroit aurrefois.
S A P O.
Sape, en Francis, Savon , eft une compofitionfaite avec de l'huile d'OIive la plus groffiere, de FA-midon, de l'eau de Chaux, Sc de la kttive tiree descendres du Kali: on fait cuire k tout enfemble, l'a-gitant für lefeu jufqu'ä ce qu'il fait reduit en une pä-te qu'on forme par pains ä mekre quelle refroidit. 11y en a de plufieurs fortes, qui prennent leurs nomsdes lieux oü l'on ks prepare. Le piemier 8c le meil-kur de tous eft k Savon d'Alicant : le deuxieme eftle Carthagene : le troüieme eft le veritabie Marfeiile:Je quatrieme eft le Gayette : le cinquieme eft le Tou-fon, qu'on appelle fauffemment Savon deGennes. Onfait aüffv du Savon ä Paris, & en plufieurs autres Vülesde France.
On doit choifir !e Savon fec Sc bien marque.
Les Savons different fuivant la quantite & la forcedu fei a'kaü qu'on y a fait entter, qui les rend plusou rnoins perktrans. On en peut preparer avec lakffive du tartre calcin£, ou de la cendre grave!ee,oudu marc du raifin brüle; mais alors k Savon etanttrop fort, ll attendrit 8c ufe trop le hnge ou les etof-fes.
Dans ks annees que l'huile d'OIive eft rare, onpourroit employer en fa place, pour la compofitiondu Savon, de l'huile de noix, ou de l'huile de lin,ou queiqu'autre; rnais quand toutes ces huiles man-quent corarae ll eft ä peil pres arrive en Fiance auxannees 1709. & 1710. les Savonniers kur fubili-tuent une gvaifle hudeufe Sc liquide qu'on retire desinteftins des bosufs, 8c de plufieurs autres animaux;mais k Savon qui en provkiu acquiert une mauvail'eodeur. II eil: encore ä remarquer que ks autres hui-Ies dont j'ai parle ne feroient pas k Savon fi bien con-dttioune, ni fi bon que l'huile d'oüve.
On k fert du Savonnnge preferabieraent ä Ja Iefll-ve ordinaire pour nettoyer Sc blancliir le hnge fin,afin de k conferver davantage ; car k Savon tit imdiflolvant affez foibk qui ne peut pas l'ufer beaucoup;mais quand ce hnge eit trop ük, fouvent on le faitpaffer par une leilive avant que de le mettre au Sa-vonnage. L'huile qui eit mcorporee & intimementmelde avecla kffive dans le Savon, bride & abfärbefi bien fon fei aikali quelle modere beaucoup de fonmouvement Sc de fon act:on, c'ell ce qui fait la foi.blefTe de ce diflolvant; mais on peut dire auffi quecette huile etant elle-meme empreinte ou armee daee kl eft un diffolvant fu'fureuxanalogue, ou conve-nable pour diffoudre la fubilance fulfuteufe ou gralfequi fait la fakte du linge quand eile n'eft point tropgrofikte.
l\ n'eft pas-abfolument neceffaire de faire entrer de3'amidon da-ss 'a compofition du Savon, on en peutfaire avec un finiple melan&e d'huile, ik d'une forte
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kfilve de Sotide, car cette huile etant bien a,t>itee Sccuite aveeja kffive, ii s'en fait une union Sc unerna-niere de nutntum , qui eft un cotps blanc & moucomrne un onguent, Sc qui peu ä peu fe durcit; maisl'amidon fert a lui donner du corps plus facilement,& ä le rendre plus fec Sc plus blanc.
Le Savon eft fort refolutif, on l'employe exterieu-rement pour les duretez de la matrice, pour ksiou-pes 8c pour ks autres turr.eurr.
Les Marchands vendent encore un Savon mou ouliquide: il y en a de deux efpeces; un noir ou brun ,Sc l'autre verd. Le preraier eft fait ä Anders, ä Ab-be ville en Picardie ; on le prepare avec des fecesd'huile ä brüler, de la potee,-8c de l'eau de chaux.Le fecond eft fait en Holiande avec de l'huile deChenevis, qui k rend verJ. Ce dernier Savon eft rareen France.
Les Savons mous fervent pour ks Fonnetiers.
11s fönt eftiniez febrifuges, ii l'on en frote ia plantedes pieds.
II nait proche des eaux mineraks de Plombieresune efpece d'argilk tres-grafie qui produit i'erfet duSavon; on 1'appeUe Savon naturel, c'elt un fmeftinou terra [afonaria, dont il fera parle dans la fuite.
On trouve aux ifles Efpagnoles, Sc en 'Ferre fermeen Amerique, un petit arbrifkau courbc comme laBrufcus, dont ks feuilles reffemblent ä celies de laFougere; fon fruit eft tond, gros comme une noix,couvert d'une peau rouge, Life; fous cette peau eftune certaine pu ; pe tenace , blanche , laquelk etantötee, il demeute une bouk ronde, noire, fortdure,8c tres-amere au goüt.
Ge fruit produit le meme efTet que le Savon: onmet deux ou trois de ces bouJes dans de l'eau chau-de, &c l'on en favonne ie linge ou les habits. 11 s'yfait une grande quantite de moufk ou d'ecume. Scl'on rend ce qu'on y nettoye fort net. Ces fruits fefondent peu ä peu dans l'eau jufqu'ä ce qu'd n'y de-meure plus rien que de petits noyaux fort durs, ks-qutls on perce Sc on ks enfik pour faire des chape-kts.
Sapt, a fepi, ßi';f; parce que le Savon retTemble ädu fuif.
SAPONARIA.
Saponaria, Trag. Lac. Ger.Snponaria major Levis, C. B>Saponaria vulgaris, J. ß. Park.Lych.tis fylveßris, qua Sapanaria vitlgb , Fit.Tournefort.
Lychais Sapanaria ditia, Raii Hill.EnFrancois, Saponaire.
* Eft une efpece de Lychnis ou une plante quipouffe plufieurs tiges k la hauteur d'un piea Sc demiou de deux pieds, greles, rondes, nolkes, rougeä-tres, fe foütenant a p- ine. Ses feuilles fönt lafges,nerveufes, femblab'es ä Celles du Planum, mais plusPpp 3 pe-
* Y. II. XX. f.g. 1,
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