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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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S A.

d'avoir ete' porte dans la mer. Or Comme nous, rtevoyonspoint de fei fi abondant dans la terre ni deiTush terre que le fei Gemme, nous devons croire quec'eft Jui qui donne la l'.üure a la mer; & d'autaht plusque le fei que nous retirons de la mer eft tout ä-faitiernblable dans fon goüt, dans fes qualitez & dans fesprincipes, au lel Gemme, comme il a ete dit.

Mais je prevois plulieurs orj-ctions qu'on ne man-quera pas de me faire : on dira qu'il eft difficüe deconcevoir que la mer, qui eft d'une fi grande & fiprodigieufe etendue, pui/fe avoir recü toute fa faluredu fei Gemme; car quoique ce fei naiffe en grandequantite dans les entrailles de la terre, il n'en paroitpas aflez pour faler tant d'eau.

Pour repondre ä cette objection, je dis que la diffi-culte qu'on a de comprendre que le fei Gemme aitete" fuffifant pour faler la mer, vient de ce qu'on nevoit pis Ja quantite des mines de fei, comme cn voitI'e'tendue des eaux de la mer: mais fi l'on confideroitque la terre eft remplie d'un fei Gemme ou fembla-ble au Gemme en des millions d'endroits, & qu'ils'en decharge inceffamment dans la mer depuis, iansdoute, que le monde a ete cree, il y auroit heu decomprendre que la terre a toüjours contenu & con-tient aflez de fei pour rendre la mer falee.

Une autre objedion qu'on peuf me faire, eft quefuivanr mon raifonnement la mer devroit augmentertouslesjours en falure, puis qu'elle recoit perpetuel-lement de nouveau fei , ce qui ne paroit pourtantpas.

Je repons, que nous ne pouvons pas nous apper-cevoir d'augmentation de falure de la mer; car s'il yentre beaucoup de fei , il en fort auffi une grandequantite par evaporation, ks vagues fechoquent avectant de rapidite & de violence , qu'eiles volatilifentune bonne partie de leur fei, comme on ne s'en ap-percoit que trop bien par Vair fale qu'on refpire quandon eft für la mer , 8c qui contnbue beaucoup avecl'ebranlement du vaifleau a exciter des vomiflemens.Ce fei eft pouffe par les vents für les terres il ferta le? rendre fertiles, il peut meine, en y recevant denouvelles matrices, s'y amaffer, s'y fixer, y formerdes mines de fei Gemme, puisetre entraine dfrechefpar les eaux dans Ja mer, ou dans les fontaines, oudans leslacs, & de cette maniere on doit concevoirqu'il s'en eft fait une perpetuelle circulation depuisque le monde elt monde.

On prepare en Normandie le fei marin en faifantEvaporer für le feu de l'eau marine dans de grandeschaudieres de plomb jufqu'ä ficcite , il reite un lelblanc, mais qui eft moins piquant &c moins fale quecelui de la Rochelle, ä caufe de l'evaporaüon, & peut-etre ä caufe de quelques paiticules du plomb qui yayant ete dilToutes, ont un peu emouffe de fes poin-tes: cette efpece de fei diminue en force ä meiurequ'il vieillit.

On prepare le fei par cryftaüfation ä Brothge, ä 'aRocudle & en plufieurs autres pais il y a des ma-rais faVans: ce lont de grands lieux piars & bas, d'unedifpofition naturelle, au voifinage de la mer; on lesenduit d'uneteire argileufe, afin qu'iis puiffent retemr

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l'eau falee. On fait couler de l'eau dotire au com-mencement de l'Hyver dans ces marais p&ur empe-cr.er que l'argüe en fe fechant ne fe fende & ne fegäte: mais dans le Printems, loifque la faifon com-mence ä devenir chaude, on epuife cette eau douce,& l'on fait entrer en fa place peu ä peu la quami'equ'on veut de l'eau de la mer, laquelle on fait paffetpar differens canaux difpofez de miniere qu'elle y cir-cule long-tems avant que de s'arreter.- cette circula-tion eil neceffaires pour rendre l'eau de la mer pluspure, & pour donner heu au Solei! d'en evaporer parla chaleur une partie du phlegme. Cette eau, apresavoir parcouru bien du chemin & fait beaucoup dedifferens tours & detours, (e lepand enfin par la pen-te <les terres dans des aires falans, qui fönt des en-droits formez expres, unis, plats, polis & etendus, l'eau puiffe demeurer en repos & fe crerrer , y^rant d'ailleuts aflez difpofee par le rafraichifletnentqu'elle recoit d'un petit vent regnant ordinairementle foir aux environs de la mer. 11 ;e fait donc un«condenfation & une cryftahlation du fe! mann engrains de figure cubique; on les retire de deJans !esaires, & les ayant entaffez en gros monceaux für laterre feche, on les laiile egouter & fechcr: ce Sei eftcelui de la Gabelle, dont nous ufons ä Paris. II eft aremarquer qu'on ne peut le faire que pendant les clia-leurs de l'Ete, lorfque le tems eft beau; car s'il pltu-voit dans le tems qu'on fait circuler & cierner l'eaumarine, eile fe rempliroit de phlegme, & le leUtantpar confequent trop dilaye, ne feroit point en etat defe cryftahfer , on feroit contrair.t deputier l'eau desmarais, pour y en faire venir de nouvelle quand lespluyes feroient finies, ce qu'on ne peut faire en moinsde douzeou quinze jours; de forte que s'il pleuvoittoüs les quinze jours, on ne pourroit pas iaire defel-

Le Sei de la Rochelle eft gris, ä caufe d'un peu deterre qu'on a entraine avec lui lorfqu'on l'a retiiedes aires falans; il eft neanmoins plus penetrant &plus fale que le Sei blanc de Normandie, qui eft faitpar evaporation; mais il eft moins piquant que le StlGemme, ä caufe du mouvement violent des vaguesde la mer qui ont emouffe fes pointes les plus fines.On peut le rendre blanc comme du fucre, en le fai-fant difföudre dans de l'eau, filtrant la diilolution &la faifant evaporer jufqu'ä ficcite; mais quoique danscette punfication l'on ait fepare du fei quelque quan-tite de terre qui devoit l'affoiblir, il n'a pourtant pasaugmente en force; aucontraire, ileit un peu moinspiquant, parce que le fetf a ecleve ou emouffe plu-fieurs de fes pointes les plus fubtiles.

Le Sei marin contient beaucoup d'acide, une tres-petite quantite de foufre, & de la terre.

II eft incifif, penetrant, defficcatif, aperitif, refc-"lutif, purgatif: on s'en fert dans l'apoflexie, danslesconvullions; on en mele dansles lavemens, dans lesfuppoiitoires; on en apphque chauden.cnt dernerc Jecou, pour rareSer & diillper les cathaires,

Sal, ab «Ajj mar*, parce que le bei ordinaire vientde la mer».

SAL-